Galettes de blé noir

Galettes de blé noir

plat
🗓️Toute saison

Cinq cents grammes de farine de blé noir, un litre d'eau, quinze grammes de gros sel : rien d'autre, et deux temps. On mélange d'abord la farine, le sel et la moitié de l'eau seulement, et l'on bat ce pâton épais à la main, en le soulevant et en le laissant retomber, jusqu'à ce qu'il fasse le ruban : sans gluten, c'est ce battage qui met le mucilage du sarrasin en réseau. Le pâton fermente ensuite 24 à 48 heures au réfrigérateur, puis on le détend au fouet avec le reste de l'eau, juste avant de cuire. De quoi faire une quinzaine de galettes.

L'histoire de la recette

Le blé noir n'est pas un blé : le sarrasin appartient à la famille de l'oseille et de la rhubarbe, ne contient pas de gluten, et ses deux noms viennent de la couleur sombre de sa graine ; sarrasin comme les Sarrasins. Il s'est imposé en Bretagne au XVᵉ siècle parce qu'il acceptait ce que le froment refusait : des terres acides, pauvres, et un cycle de cent jours suffisant entre deux gelées. De là vient le partage qu'observent encore les crêperies ; la galette de sarrasin est salée, la crêpe de froment sucrée : la première était le quotidien, la seconde le dimanche, quand on pouvait payer la farine blanche et le sucre.

4 personnes

30 min

Difficulté: 2/5

Calculateur de pâte à galette de blé noir
Faites varier hydratation, sarrasin, œuf, lait et fermentation — les proportions, le déroulé, les allergènes et les scores nutrition/carbone s’ajustent tout seuls.

Variantes de recette

Cochez les allergènes à éviter : les variantes qui en contiennent seront masquées.
🌾 Sans gluten
🥚 Sans œuf
🥛 Sans lait

Gérer mes allergies →

Traditionnelle (blé noir pur)
Blé noir + œuf
Mixte sarrasin-froment
Express (6 h)
Douce au lait
Au lait ribot
Fermentée / artisanale
Ribot longue fermentation
Recette sans repos
À la carte (personnalisée)

Traditionnelle (blé noir pur)

La galette bretonne authentique : farine de blé noir, eau, gros sel, rien d’autre. Naturellement sans gluten, sans œuf et sans lait, elle a un goût de sarrasin franc et donne une galette fine et dentelée, un peu cassante — c’est la plus technique à étaler. Elle se mène en deux temps : un pâton épais, battu à la main et laissé fermenter 24 à 48 h au réfrigérateur, puis une réhydratation au fouet avec le reste de l’eau juste avant de cuire. La fermentation n’est pas une option : c’est elle qui rend la pâte fluide et bien alvéolée.

Profil de la pâte

noté de 1 à 5, du plus marqué au moins marqué
Goût blé noir
Arômes
Alvéoles
Fluidité
Facilité
Craquant
Tenue

Allergènes de cette variante
Sans gluten
Sans œuf
Sans lactose
Nutrition & empreinte carbone
BNutri-Score
620 kcal/pers.
BCarbone
300 g CO₂e/pers.

4

Recette originale prévue pour 4 personnes

×

2

 

8

galettes
4 pers. × 2

Hydratation

200 %

Le réglage standard : assez liquide pour s’étaler d’un geste, assez tenue pour ne pas se déchirer au retournement. C’est ici qu’on débute.
Épaisse (180 %)
Standard (200 %)
Fluide (220 %)
Dentelle (240 %)

Part de sarrasin (froment : 0 %)

100 / 0 %

100 % blé noir
75 / 25
60 / 40

Farine de blé noir

Bio, moulue à la meule
Industrielle (type Treblec)
Farine vivante
Une farine bio de meule, fraîchement moulue, garde les levures sauvages et les bactéries lactiques de l’enveloppe : farine + eau + sel fermente tout seul.

Temps de repos / fermentation

48 h

À 4 °C : trop court avant 23 h · zone idéale de 23 à 76 h · surfermentation au-delà

Température de repos

4 °C

Règle du Q10 : +10 °C = fermentation 3× plus rapide. À 4 °C l’optimum est atteint en 23 h (contre 24 h au réfrigérateur), et la fenêtre est d’autant plus étroite qu’il fait chaud.
Repos Optimalfermentation 100 / 100 · gonflement du mucilage 99 %

Le meilleur compromis : pâte fluide, bien alvéolée (donc belle coloration et croustillant au beurre), goût développé — et assez de marge pour être régulier d’une fournée à l’autre.

≈ une louche — 100 g pour une galette de 30 cm

Sel

3 % farine

Matière grasse (huile / beurre)

0 % farine

Lait

0 % lait · 100 % eau

Le liquide total se répartit en 100 % eau

Lait fermenté (ribot / babeurre)

0 % ribot · 100 % eau

Le liquide total se répartit en 100 % eau

Astuce : cliquez sur un ingrédient pour le fixer à une quantité et voir combien de galettes vous obtenez.

264 g
Farine de sarrasin

100 %

53 cL
Eau
7,9 g
Sel

3 %

Pâte totale : 800 g · environ 8 galettes de 100 g. Déroulé fermenté : la pâte de base repose 48 h à 4 °C avant d’ajouter œuf et matière grasse.


Une pâte fermentée ne contient ni levure ni levain ajoutés : la fermentation vient uniquement des levures sauvages et des bactéries lactiques portées par l’enveloppe du grain. C’est donc la farine, et elle seule, qui décide si la pâte peut fermenter.

  • L’idéal : une farine bio, moulue à la meule de pierre, si possible fraîche et locale. La mouture à la pierre conserve l’enveloppe du grain — donc la flore. Farine + eau + sel suffit alors à faire une vraie pâte fermentée.
  • Attention aux farines industrielles (type Treblec). Très raffinées et traitées pour la conservation en rayon, elles sont pratiquement « débactérisées » : la flore de l’enveloppe a disparu. Une pâte eau + sel ne fera presque aucune bulle même après 24 à 48 h, et n’aura aucune acidité lactique. Elles donnent d’excellentes galettes — mais des galettes non fermentées, plus neutres et sans dentelle.
  • Comment ensemencer une farine « morte » (au choix, une seule suffit) :
    • Remplacer un tiers de l’eau par du lait ribot (ou du babeurre) : c’est la solution bretonne classique, et la plus fiable.
    • Remplacer un tiers de l’eau par de la bière non pasteurisée ou du cidre brut — ils apportent des levures vivantes.
    • Ajouter une cuillère à café de miel pur : il apporte à la fois des sucres simples et des levures.
    • Ou garder un fond de la pâte précédente pour ensemencer la suivante — le réflexe crêperie.
  • À défaut, forcer les trous mécaniquement. Sans flore, les alvéoles ne viendront pas de la fermentation : détendez la pâte avec un peu d’eau juste avant de cuire et montez la billig à 270–300 °C. Le choc thermique fait éclater l’eau en vapeur et perce la galette. Le résultat est visuellement proche, mais le goût reste celui d’une pâte non fermentée.
  • Le test qui tranche : une pâte eau + sel laissée 24 h à température ambiante doit bulloner et sentir légèrement acide. Si elle ne bouge pas et sent la farine mouillée, votre farine est morte — inutile d’attendre 48 h de plus, ensemencez-la.

Le paramètre le plus décisif de la recette — davantage que la température de la billig. Repères issus d’un test comparatif de 5 durées (0, 6, 24, 48 et 72 h) sur une même pâte 100 % sarrasin, notée sur la consistance, les alvéoles, la coloration et le goût.

  • Visez 48 h au réfrigérateur (4 °C). C’est le meilleur compromis : pâte fluide, bien alvéolée — donc belle coloration et croustillant grâce au beurre qui passe sous la galette — et goût développé.
  • Ce que donne chaque durée :
    • 0 h → inutilisable. Pâte trop visqueuse, impossible à étaler correctement, aucune alvéole, goût neutre.
    • 6 h → dépannage. Alvéoles naissantes, mais pas le niveau « compétition ».
    • 24 h → très bonne. Belles alvéoles, consistance parfaite ; simplement un peu moins régulière d’une fournée à l’autre, ce qu’une crêperie ne peut pas se permettre.
    • 48 h → l’optimum. La durée qui garantit le plus sûrement le résultat.
    • 72 h → rien de plus. Le goût est à peine plus marqué en aveugle sur une galette nature, et la différence disparaît dès qu’elle est beurrée ou garnie.
  • On peut fermenter à température ambiante — c’est la température qui fixe l’horloge. La vitesse triple environ à chaque +10 °C (règle du Q10). En partant de 4 h à 20 °C :
    • 4 °C (frigo) → 24 h, et jusqu’à 48 h sans dommage : c’est la durée de référence.
    • 19–20 °C → 4 h 30 environ.
    • 25 °C → 2 h 20.
    • 30 °C → 1 h 20 — très rapide, mais la fenêtre se referme aussitôt.
  • Pourquoi les pros choisissent 48 h à 4 °C : la tolérance. À température ambiante, la fenêtre utilisable se compte en dizaines de minutes ; au réfrigérateur elle s’étale de 24 à 48 h. Vous pouvez cuire quand vous voulez dans cet intervalle.
  • Le repos fait deux choses distinctes — et une seule dépend de la température :
    • La fermentation (goût, acidité, alvéoles) suit la température : chaude = rapide, froide = lente.
    • Le gonflement du mucilage (la fibre du sarrasin qui absorbe l’eau et rend la pâte étalable) suit surtout l’horloge, quelle que soit la température : comptez une bonne dizaine d’heures.
    • C’est pour ça qu’une pâte de 1 h 20 à 30 °C est « fermentée » mais reste inétalable : le mucilage n’a pas eu le temps de gonfler. À 0 h, l’eau n’est encore qu’*autour* de la farine.
  • La surfermentation commence vers 1,5 à 2 fois l’optimum. En pratique : au-delà de 2 h 30 – 3 h à 30 °C, 4 h 30 – 5 h à 25 °C, 8 à 10 h à 20 °C, et 72 h au réfrigérateur.
  • Reconnaître une pâte surfermentée — en sarrasin, sans gluten, la tenue repose entièrement sur le mucilage, et c’est lui que l’excès de fermentation détruit :
    • Elle déchire à l’étalage : les enzymes et l’acidité ont dégradé le réseau fibreux, la rozell traverse la pâte.
    • Elle bulle violemment puis retombe et devient anormalement liquide — la structure a lâché.
    • L’odeur et le goût virent au vinaigre : l’acide lactique cède la place à l’acide acétique. On perd la noisette fermentée légère pour un acide piquant, presque amer.
    • Il n’y a pas de retour en arrière. Vous pouvez la rallonger de farine fraîche pour la sauver à moitié, mais mieux vaut recommencer.
  • En urgence, 6 h suffisent si vous appliquez les trois astuces :
    • Délayez à l’eau tiède (25–28 °C) pour réveiller plus vite les levures naturelles du sarrasin.
    • Laissez reposer hors du réfrigérateur, pas dedans.
    • Ajoutez éventuellement une cuillère de pâte de la veille en guise de levain.
    • Au moment de cuire, détendez la pâte avec un peu d’eau : elle sera plus épaisse qu’une pâte de 48 h.
  • Plus la fermentation avance, plus la pâte devient fluide — à hydratation égale. Ne corrigez donc pas l’hydratation le premier jour en pensant à ce qu’elle sera le troisième.
  • La coloration ne varie presque pas entre 6 h et 72 h… sauf si vous cuisez au beurre, et c’est justement là que les alvéoles d’une pâte mûre font la différence.
  • Conservation (pâte farine + eau + sel uniquement) : stable plusieurs jours au réfrigérateur, elle commence à monter et à faire des bulles vers le 8ᵉ jour, et devient inutilisable (texture mousse) vers 14 jours. Pas de risque sanitaire majeur avant — mais une pâte contenant œuf ou lait se garde nettement moins longtemps.
  • Le bon réflexe : faites la pâte l’avant-veille. Prenez l’habitude d’en garder un fond pour ensemencer la suivante.
Repères indicatifs : adaptez à votre matériel et à votre tour de main.

Température idéale

  • 230 à 250 °C pour les galettes de blé noir (sarrasin) ; les pros (type Krampouz) visent souvent 230–240 °C.
  • Trop bas (< 220 °C) → pâte difficile à étaler, galette pâle et molle.
  • Trop haut (> 260 °C) → elle brûle avant d’être cuite uniformément.
  • Astuce : commencez à 230–240 °C. Vous pouvez baisser à ~200 °C le temps de vous entraîner à l’étalage.

Préparer la billig

  • Chauffez la billig à vide 5–10 min pour qu’elle soit bien chaude.
  • Graissez légèrement avec un chiffon ou un papier absorbant imbibé de beurre clarifié (ou beurre salé fondu) : un film très fin, pas de flaque !
  • Renouvelez le graissage entre chaque galette, ou toutes les 2–3 selon besoin.

Qu’est-ce que le culottage d’une crêpière ? — Les Tutos de Mamie Mone, épisode 2

Étaler la pâte

L’étape la plus technique.

  • Utilisez un rozell (râteau en bois ou T en plastique).
  • Versez une louche de pâte au centre (80–100 ml environ selon la taille voulue).
  • Étalez rapidement en 1 à 2 tours de rozell, du centre vers l’extérieur.
  • La pâte doit être très liquide pour bien s’étaler. Une pâte de 48 h l’est naturellement ; une pâte jeune (6 h) reste épaisse — détendez-la avec un peu d’eau et mélangez.
  • Pour des galettes bien trouées : la pâte doit « griller » brutalement au contact de la chaleur — l’eau s’évapore vite et forme les bulles.
  • Débutant : baissez un peu la température et appuyez légèrement avec le rozell si la pâte résiste.

Comment tourner une crêpe ? — Les Tutos de Mamie Mone, épisode 1

Cuisson

  • Première face (celle que vous avez étalée) : 1 à 2 min, jusqu’à ce que les bords se soulèvent et que la surface soit sèche et trouée.
  • Retournez délicatement avec une spatule large (ou aux doigts une fois la galette prise).
  • Deuxième face : 30 à 60 s seulement (elle finit de cuire avec la garniture).
  • Galette complète (jambon / fromage / œuf) :
    • Retournez la galette.
    • Ajoutez le fromage, le jambon, puis cassez l’œuf au centre.
    • Étalez un peu le blanc.
    • Pliez en carré (ou en triangle) et laissez 30–60 s pour finir l’œuf.

La crêpe de blé noir ou galette — Les Tutos de Mamie Mone, épisode 12

La crêpe complète — Les Tutos de Mamie Mone, épisode 13

Astuces & erreurs courantes

  • Pâte qui colle → billig pas assez chaude, trop de pâte, ou pas assez graissée.
  • Galette qui se déchire → pâte trop épaisse, pas assez reposée, pas assez d’eau… ou surfermentée (l’acidité a détruit le mucilage qui tient la galette).
  • Pas de trous → température trop basse, pâte trop épaisse, ou farine industrielle sans flore : ensemencez-la au lait ribot, ou forcez le choc thermique à 270–300 °C.
  • Pâte qui a bullé puis est retombée, odeur vinaigrée → surfermentation. Rien à faire, recommencez.
  • Bords qui brûlent → température trop élevée ou étalage inégal (centre trop épais).
  • Entre deux galettes, raclez les résidus avec une spatule ou un coupe-pâte.
  • Beurre salé : beaucoup de Bretons ajoutent une noix de beurre sur la galette juste après l’avoir retournée, pour le goût.

Matériel recommandé

  • Billig électrique (Krampouz est la référence).
  • Rozell en bois ou en plastique.
  • Spatule large (retourne-galette).
  • Chiffon pour graisser.
Repères indicatifs : adaptez à votre matériel et à votre tour de main.

Ingrédients

⚠️ Allergènes :

⚠️ arachide
🌾 gluten
🥛 lait
🥚 œufs

Ustensiles nécessaires

Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 9 sur 9.

Nutrition, glycémie, carbone & prix

Chronogramme

Total : 2h25
Actif : 25 min
Attente : 2h
Réalisation
2h
0 min36 min1h131h492h25
Préparation
Attente (repos, trempage)

Préparation de la recette

Instructions détaillées

Cliquez sur chaque étape pour voir les ingrédients concernés

Farine de sarrasin (blé noir)
500 g de farine de sarrasin (blé noir)
Farine
30 g de farine
Gros sel
10 g de gros sel

Dans un saladier, mélanger la farine de sarrasin, la farine de froment et le gros sel.

👨‍🍳
Oeuf
Oeuf

Faire un puit au centre de la farine et y déposer l'œuf.

👨‍🍳
Lait
10 cL de lait

Verser une petite partie du lait et mélanger au fouet au centre de la préparation

👨‍🍳
Lait
15 cL de lait
Eau
100 cL de eau

Continuer à ajouter le lait et l'eau tout en mélangeant la préparation (10 cL par 10 cL). Attendre à chaque fois que le lait soit bien incorporé avant d'en ajouter encore

C’est prêt quand : La pâte doit être lisse, homogène et napper la louche sans former de grumeaux.

👨‍🍳
Huile d'arachide
5 cL de huile d'arachide
Oeuf
Oeuf

On obtient une pâte lisse et épaisse à laquelle on ajoute un œuf pour donner une belle coloration à la cuisson ainsi que de l'huile

Idéalement filmer et laisser reposer 1 à 2 heures au réfrigérateur. Mais peut se cuisine directement aussi.

Technique :
Laisser reposer la pâte

C’est prêt quand : Après le repos, la pâte a légèrement épaissi et présente de petites bulles en surface.

Progression

0 / 6 étapes terminées

Ça n’a pas marché ?

Pourquoi : Le liquide a été incorporé trop rapidement au début, empêchant la farine de se diluer correctement.

Rattrapage : Passer la pâte au chinois ou donner un coup de mixeur plongeant pour lisser instantanément la préparation.

Pourquoi : La poêle n'est pas assez chaude ou manque de matière grasse pour saisir la pâte instantanément. (Transferts de chaleur)

Rattrapage : Chauffer vivement la poêle et la graisser généreusement à l'aide d'un essuie-tout imbibé d'huile ou de beurre fondu entre chaque galette.

Le même problème, ailleurs sur le site :

Vous avez innové dans la manière de foirer cette recette ? Racontez-nous : on cherche avec vous ce qui s’est passé, et si on trouve, ça rejoint cette rubrique pour les suivants.

Après la recette

🥡 Conservation et réchauffage

❄️ Au frigo : 3 jours
🧊 Au congélateur : 3 mois

Comment : film étirable ou boîte hermétique

Réchauffage : À la poêle à feu doux avec une noisette de beurre demi-sel.

Conserver les galettes empilées sous un film étirable pour éviter qu'elles ne dessèchent sur les bords.

🔄 Variantes

Galettes 100 % sarrasin traditionnelles
Sans gluten

Remplacer les 30 g de farine de froment par de la farine de sarrasin et utiliser uniquement de l'eau à la place du lait pour une version bretonne authentique.

Galettes végétaliennes
Vegan

Omettre les œufs et remplacer le lait par de l'eau ou une boisson végétale neutre.

Pour aller plus loin

🧪 La chimie et la physique de la recette

Réseau de gluten
Chimie

Le blé noir n'en contient pas : les 30 g de farine de froment et les œufs apportent le peu de tenue nécessaire, sinon la galette se déchire au premier geste du rozell.

Le pétrissage crée un réseau élastique qui retient les gaz de fermentation ; à l'inverse, trop travailler une pâte à tarte la rend dure.

Gélatinisation de l'amidon
Chimie

Le repos au frais laisse les grains d'amidon du sarrasin s'hydrater complètement ; sans lui, ils gonflent seulement au contact de la poêle et la galette devient friable en refroidissant.

Chauffé en milieu humide, l'amidon gonfle et épaissit : béchamel, crème pâtissière, risotto.

Réaction de Maillard
Chimie

Les protéines de l'œuf et le lactose du lait sont ce qui donne à la galette ses marbrures brunes : la version traditionnelle eau-farine-sel colore beaucoup moins, et c'est normal.

Brunissement et arômes des aliments riches en protéines et sucres saisis à haute température (> 140 °C) : croûte du pain, viande saisie, oignons dorés.

Fermentation lactique
Biochimie

La version longue annoncée dans l'introduction (24 à 48 heures au réfrigérateur) laisse les bactéries de la farine acidifier la pâte : c'est de là que vient le goût légèrement aigre des galettes de crêperie.

Des bactéries transforment les sucres en acide lactique : yaourt, légumes lactofermentés, levain.

🔪 Les techniques utilisées

Laisser reposer la pâte

Au frais et filmée : l'hydratation de la farine de sarrasin est lente, et une pâte utilisée immédiatement donne des galettes plus cassantes.

Filtrer / passer au chinois

Le filet de sécurité si des grumeaux subsistent : un passage au tamis fin avant le repos, plutôt qu'un coup de mixeur qui ferait mousser la pâte.

Étaler et tourner une crêpe

La pâte de blé noir prend très vite sur une plaque brûlante : le geste d'étalement doit être fait en une seule fois, sans reprise, sinon la galette se déchire là où deux couches se rencontrent.

💡 Conseils supplémentaires

  • Ajoutez le liquide 10 cL par 10 cL en fouettant à chaque fois jusqu'à la disparition complète des grumeaux : une fois la pâte liquide, un grumeau ne se défait plus.
  • Le sarrasin n'a pas de gluten : ce n'est pas le pétrissage mais le battage énergique du pâton épais qui met son mucilage en réseau et empêche la galette de se déchirer.
  • La pâte doit napper le dos d'une cuillère et couler comme une crème liquide : trop épaisse, elle ne s'étale pas ; trop liquide, elle troue.
  • Une poêle bien chaude et à peine graissée au papier absorbant : trop d'huile et la pâte glisse au lieu de s'étaler.
  • La première galette est toujours ratée. Elle sert à régler la chaleur, pas à être mangée.

Avis