Imbiber

Pâtisserie

Puncher un biscuit avec un sirop pour l'assouplir et le parfumer.

📚 Pour aller plus loin

Imbiber, c'est humidifier un biscuit avec un sirop, souvent parfumé d'alcool ou de café. Ce n'est pas un détail décoratif : un biscuit sec (génoise, biscuit cuillère) est conçu pour être imbibé, et sans sirop il reste étouffant. C'est ce qui fait la différence entre un fraisier de pâtisserie et un fraisier maison qui gratte.

Le sirop de base est un mélange à parts égales d'eau et de sucre porté à ébullition, refroidi, puis parfumé hors du feu : l'alcool ajouté à chaud s'évapore. Il s'applique au pinceau ou à la pipette, sur le biscuit refroidi, en insistant sur les bords qui sèchent plus vite que le centre.

La quantité est affaire d'équilibre : trop peu, le biscuit reste sec ; trop, il se délite et le montage s'effondre. On procède en deux passages espacés de quelques minutes, le temps que le premier pénètre, plutôt qu'en une inondation. Un biscuit imbibé la veille est meilleur : l'humidité se répartit uniformément pendant la nuit au réfrigérateur.

18 recettes où on le fait

Ajo blanco

Le pain trempe 10 minutes dans une partie de l'eau froide, puis est pressé avant d'être mixé : c'est lui qui donne le corps de la soupe.

Baba au rhum

C'est l'étape qui définit le dessert : sirop tiède, baba froid, une heure de trempage, égouttage sur grille.

Babà napoletano (baba napolitain imbibé au rhum)

On retourne les babàs régulièrement pendant vingt minutes ; ils sont prêts quand ils coulent sous une légère pression.

Cake au citron

Au pinceau et en plusieurs passages, sur un cake encore chaud et piqué : on attend que chaque couche disparaisse avant la suivante.

Far breton aux pruneaux

Rhum tiède plutôt que froid : la chaleur ouvre les tissus du pruneau et divise par trois le temps de trempage.

Focaccia genovese (focaccia génoise à l'huile d'olive)

La salamoia, eau, huile et gros sel fouettés, versée dans les creux : elle pénètre la pâte pendant la dernière demi-heure et c'est ce qui empêche les alvéoles de se refermer.

Fraisier

Au pinceau, en insistant jusqu'à ce que la génoise change de couleur : une génoise sèche est le défaut le plus courant du fraisier.

Gâteau nantais

Trois centilitres de rhum au pinceau sur le gâteau encore chaud, en plusieurs passages, en attendant que chacun soit bu avant le suivant.

Génoise

Au pinceau, sur les tranches coupées et sur une génoise complètement froide : chaude, elle absorberait tout d'un coup et s'affaisserait.

Opéra

Au pinceau, en insistant sur les bords qui sèchent en premier, jusqu'à ce que le biscuit soit humide au toucher sans que le sirop ne perle en surface.

Pain perdu

30 secondes par face pour du pain sec, 10 pour du pain frais. Le repère est le poids : la tranche doit devenir lourde sans se plier en deux.

Pan bagnat

Les deux faces du pain sont arrosées d'huile et d'un trait de vinaigre jusqu'à être vraiment mouillées : un pain sec ne se ramollira pas tout seul sous le poids.

Pane mollo (soupe ciociara de pain rassis, de haricots et de légumes)

Le bouillon se verse bouillant sur le pain, et on ne remue pas : cinq minutes suffisent.

Sirop à baba au rhum

Un baba à la fois, immergé une à deux minutes, retourné, puis égoutté sur grille : c'est le seul moyen de contrôler que chacun est saturé sans être détrempé.

Tiramisu

Un aller-retour rapide dans le café froid, sur les deux faces, et on repose immédiatement dans le plat.

Trempage (pain trempé à la morue, à la mode martiniquaise)

Le pain se trempe dans le bouillon assaisonné et se laisse boire dix minutes, pas plus.

Zuppa inglese (dessert émilien à la crème et à l'alkermes)

Un aller-retour d'une seconde par face, jamais un trempage : la génoise finit de boire pendant les heures de froid.

Delizia al limone (dômes au citron de la côte amalfitaine)

Continuer

Toutes les techniques · la chimie de la cuisine · les ustensiles