
Grains de kéfir de lait
Blancs, élastiques, en forme de minuscules choux-fleurs : ils transforment un litre de lait en boisson acidulée en une nuit, et rien ne les remplace.
Une recette du site utilise de grains de kéfir de lait.
La fiche
- Saison
Toute l’année
rien à attendre
- Se garde
1 mois
- Empreinte carbone
1,5kg CO₂e / kg
Modérée pour un ingrédient brut
- pH
4,4
franchement acide
- Calories
60kcal
pour 100 g
- Composition
- Protéines3,5 gGlucides4,5 gdont 4 g de sucresLipides3 gdont 2 g saturésFibres0 gEau et reste89 gSel0,1 g
pour 100 g, source estimation, fiabilité faible
- Prix
- €€€
cher
- Rôles en cuisine
- acidifiantliant
- Allergènes
- lait
Bien le choisir
Comme ceux de fruits, ils se donnent plutôt qu'ils ne s'achètent. Des grains sains sont blanc crème, élastiques sous les doigts, en amas irréguliers de la taille d'un grain de blé à celle d'une noix, et sentent le lait fermenté et la levure. Écartez ce qui est jaune, sec, dur, ou gluant au point de filer. Les grains lyophilisés du commerce demandent une semaine de réveil et deux ou trois fournées à jeter avant de donner un kéfir correct, et beaucoup ne repartent jamais tout à fait. Un sachet de ferments en poudre, lui, n'est pas un kéfir : il ne se reproduit pas.
- Blanc crème, jamais jaunes ni secs
- Élastiques, en amas irréguliers
- Odeur de lait fermenté et de levure
- Des grains vivants, pas un sachet de ferments en poudre
Le garder
Ils vivent dans du lait, et rien d'autre ne les nourrit durablement. Entre deux fournées courtes, un bocal de lait frais au réfrigérateur les tient une semaine, deux au plus, en changeant le lait à mi-parcours. Au-delà, ils s'acidifient dans leur propre production et perdent de la vitesse. Pour une pause de plusieurs mois, on les rince à l'eau non chlorée, on les sèche à l'air sur un linge propre pendant deux jours et on les garde au sec avec un peu de lait en poudre, sachant qu'un réveil demande alors une bonne semaine.
Sécurité alimentaire
Le kéfir de lait se fait à température ambiante, ce qui est aussi la plage où les pathogènes du lait se développent : partez toujours d'un lait pasteurisé ou stérilisé, jamais d'un lait cru, et ne dépassez pas deux jours avant de filtrer. Des grains devenus roses, orangés ou couverts d'un duvet, ou un lait qui sent le fromage avancé plutôt que l'acidulé, se jettent en entier, grains compris.
Les gestes qui changent tout
Un rapport de grains au lait, pas une pincée
Comptez une cuillère à soupe de grains pour un quart de litre de lait. Trop de grains pour trop peu de lait donne un kéfir acide et granuleux en quelques heures, trop peu donne un lait à peine épaissi au bout d'une journée. C'est le seul réglage qui compte vraiment, la durée ne fait qu'affiner.
Filtrer à la maryse, sans écraser
Versez le tout dans une passoire fine et faites descendre le kéfir en poussant doucement à la maryse : les grains sont fragiles et un passage à la cuillère métallique les déchire. Ce qui reste dans la passoire repart directement dans du lait frais, sans rinçage, la pellicule qui les entoure faisant partie de la culture.
L'acidité se règle à la température
À vingt-cinq degrés, un litre est prêt en douze heures ; à dix-huit degrés il en faut vingt-quatre, et le résultat est plus doux et plus crémeux parce que les levures ont eu le temps de travailler avant que les bactéries lactiques n'acidifient tout. Un kéfir trop acide se corrige en descendant la température de la pièce, pas en raccourcissant.
Marge d'erreur
demande de l’attention
Pour une boisson à boire, la marge est large : entre douze et trente-six heures, tout est buvable, simplement plus ou moins acide et plus ou moins épais. Elle se referme sur deux points précis. Passé deux jours, le lait se sépare en petit-lait et caillé et les grains s'épuisent dans leur propre acide. Et un lait cru, une eau chlorée ou une cuillère en aluminium suffisent à perdre la souche en une fournée.
Idée reçue
« Le kéfir de lait, c'est du yaourt un peu liquide. »
Faux.
Un yaourt est fait par deux bactéries lactiques choisies, à quarante-cinq degrés, et ne contient aucune levure. Un kéfir est fait à température ambiante par une trentaine d'espèces, bactéries et levures ensemble, qui vivent en symbiose dans le grain. La différence se goûte et se voit : le kéfir pique légèrement parce que les levures produisent un peu de gaz carbonique et d'alcool, ce qu'aucun yaourt ne fait, et sa texture reste fluide parce que le caillé est déstructuré par cette agitation. Un yaourt ne se reproduit pas non plus indéfiniment à partir de lui-même, là où un grain de kéfir grossit.
Son profil et ses molécules
Passé vingt-quatre heures, l'acidité couvre tout le reste et la note levurée devient franchement alcoolisée.
Une recette qui en contient
Pour aller plus loin
La science derrière
Les gestes
Le matériel
Quand ça rate