
Mère de kombucha
Ce disque gélatineux n'est pas un champignon : c'est un tapis de cellulose fabriqué par les bactéries qui y logent, avec les levures.
Une recette du site utilise de mère de kombucha.
La fiche
- Saison
Toute l’année
rien à attendre
- Se garde
3 mois
- Empreinte carbone
1kg CO₂e / kg
Faible pour un ingrédient brut
- pH
3
franchement acide
- Calories
30kcal
pour 100 g
- Composition
- Protéines2 gGlucides5 gdont 2 g de sucresLipides0 gdont 0 g saturésFibres1 gEau et reste92 gSel0,02 g
pour 100 g, source estimation, fiabilité faible
- Une unité
80 g
en moyenne
- Prix
- €€€
cher
- Rôles en cuisine
- acidifiantstructurant
Bien le choisir
Une mère saine est beige clair, ferme, épaisse de quelques millimètres à deux centimètres, et arrive toujours avec au moins un verre de son liquide de départ : c'est ce liquide acide, plus que le disque, qui protège la première fournée. Refusez une mère livrée sèche ou sous vide sans liquide, et une mère brune, molle ou trouée. Des filaments bruns qui pendent en dessous sont des levures, normales et même de bon augure. Comme les grains de kéfir, elle circule de main en main, et une mère donnée par quelqu'un qui en boit est la meilleure garantie qui existe.
- Beige clair, ferme, quelques millimètres d'épaisseur
- Livrée avec au moins un verre de son liquide acide
- Des filaments bruns dessous, qui sont normaux
- Ni brune, ni molle, ni trouée
Le garder
Elle ne se garde pas au sec. Entre deux fournées, elle vit dans un hôtel à mère : un bocal de thé sucré déjà fermenté, couvert d'un linge, à température ambiante, où elle tient plusieurs mois en s'épaississant et en acidifiant son liquide, qu'on complète tous les mois avec un peu de thé sucré. Le réfrigérateur est possible pour quelques semaines mais la met en dormance, et le réveil coûte deux fournées médiocres. Ne la mettez jamais au congélateur : la glace crève la cellulose et elle ne repart pas.
Sécurité alimentaire
La seule chose à surveiller est la moisissure : des taches sèches et duveteuses, bleues, vertes ou noires, posées sur le dessus du disque, jamais dedans. Dans ce cas, la mère et tout le liquide se jettent, sans gratter ni rincer. Ce qui n'est pas une moisissure : les filaments bruns, les poches de gaz, les taches sombres lisses, et la couche fine et blanchâtre qui se forme en surface, qui est la mère fille en train de naître.
Les gestes qui changent tout
Toujours partir avec du liquide acide
Un verre de kombucha déjà fermenté par litre de thé sucré fait descendre le pH sous le seuil où les moisissures s'installent, dès la première heure. C'est la seule protection de la fournée, et c'est la raison pour laquelle une mère seule dans du thé sucré neuf moisit une fois sur trois.
Le thé refroidi, jamais chaud
Infusez, sucrez, puis attendez que le liquide soit revenu à la température de la pièce avant d'y poser la mère : au-dessus de quarante degrés, les levures meurent et il ne reste que des bactéries, qui font du vinaigre et pas du kombucha. Une heure de patience évite de perdre la souche.
La couvrir d'un linge, pas d'un couvercle
La fermentation est aérobie et demande de l'air : un bocal fermé asphyxie la culture et monte en pression. Un linge serré à l'élastique laisse passer l'air et arrête les mouches du vinaigre, qui sont le vrai risque de contamination d'un bocal laissé ouvert.
Marge d'erreur
demande de l’attention
Pour produire du kombucha, elle pardonne largement : sept jours ou quinze jours donnent deux boissons différentes et buvables, et une mère négligée deux mois dans son hôtel repart sans se plaindre. La marge se referme sur trois gestes qui la tuent d'un coup : la poser dans un thé encore chaud, démarrer sans liquide acide, et la laisser dans un bocal hermétiquement fermé.
Idée reçue
« Une mère de kombucha est un champignon. »
Faux.
Le nom courant vient de l'allemand Teepilz et de l'anglais mushroom, et il décrit une apparence, pas une biologie. Le disque est de la cellulose bactérienne, produite par des bactéries acétiques du genre Komagataeibacter, exactement le même matériau que le nata de coco. Les levures qui l'habitent sont bien des champignons unicellulaires, mais elles ne fabriquent pas le disque, elles y logent. La conséquence pratique n'est pas anodine : rien dans une mère ne se comporte comme un champignon de culture, et elle ne se mange pas comme tel.
Son profil et ses molécules
Elle ne se goûte pas vraiment : ce qui évolue est son liquide, qui passe du thé sucré au vinaigre en quelques semaines.
Une recette qui en contient
Pour aller plus loin
La science derrière
Les gestes
Le matériel