
Poitrine de porc
C'est le morceau d'où viennent le lard, le bacon, la pancetta et le porc laqué : cinq produits, une seule pièce.
22 recettes du site en utilisent. On en trouve surtout dans la cuisine française, italienne, américaine, créole.
La fiche
- Se garde
1 mois
3 jours une fois entamé
- Eau
48%
du poids, cru
- Empreinte carbone
7,5kg CO₂e / kg
Élevée pour un ingrédient brut
- Calories
276kcal
pour 100 g
- Composition
- Protéines17,5 gGlucides0 gdont 0 g de sucresLipides23 gdont 8,5 g saturésFibres0 gEau et reste59,5 gSel0,15 g
pour 100 g, source Agribalyse, fiabilité élevée
- Prix
- €€€
moyen
- Rôle en cuisine
- structurant
Bien le choisir
Cherchez une alternance nette et régulière de couches de gras et de maigre, cinq à sept strates sur une belle pièce, et une épaisseur homogène d'un bout à l'autre, sans quoi la cuisson sera inégale. Le gras doit être blanc nacré et ferme, jamais jaune ni mou. La couenne, si vous la gardez, doit être lisse et bien rasée. Fraîche pour un braisé ou une cuisson lente, salée pour un potée ou une garniture, fumée pour une choucroute. Demandez une pièce d'un seul tenant plutôt que des tranches, qui coûtent plus cher et interdisent les cuissons longues où la pièce entière fait toute la différence.
- Cinq à sept couches nettes de gras et de maigre
- Une épaisseur homogène d'un bout à l'autre
- Un gras blanc nacré et ferme, jamais jaune
- Une pièce entière plutôt que des tranches
Le garder
Fraîche, au réfrigérateur dans la zone la plus froide : deux à trois jours, la surface grasse s'oxydant vite. Salée ou fumée, elle tient une à deux semaines emballée. Elle se congèle bien jusqu'à six mois, mais le gras rancit plus vite que le maigre au congélateur, aussi vaut il mieux l'emballer sous vide ou au contact strict, sans air. Décongelez au réfrigérateur, jamais à température ambiante. Une odeur aigre, un gras devenu jaune et collant ou une surface visqueuse signent la fin : la poitrine est un morceau gras, donc particulièrement sensible au rancissement.
Sécurité alimentaire
Le porc se cuit à cœur : comptez au moins 63 °C au thermomètre suivi de trois minutes de repos, ou 71 °C pour une pièce hachée. La cuisson longue et basse d'un braisé dépasse ces valeurs de loin et ne pose aucun problème ; le risque est celui d'une poitrine saisie rapidement et servie rosée.
Les gestes qui changent tout
Basse température, longtemps
La poitrine est un muscle collagéneux : sa tendreté ne vient pas de la cuisson de la chair mais de la conversion du collagène en gélatine, qui se produit lentement autour de 70 à 80 °C et demande deux à trois heures. Toute cuisson rapide donne un morceau dur et gras. Braisez, confisez ou rôtissez à four doux.
Croustiller la couenne à la fin
La couenne ne croustille que sèche et à forte chaleur. Faites la cuisson longue à couvert, puis séchez la surface au papier, incisez la couenne en losanges sans atteindre la chair, salez et passez dix minutes à 220 °C. L'inverse, chaleur forte au départ, donne une couenne dure et une chair sèche.
Récupérer le gras fondu
Une poitrine rend beaucoup de graisse en cuisant, et cette graisse est un excellent corps gras de cuisson, stable, parfumé, qui se garde des semaines au réfrigérateur en pot. La jeter avec le plat est un gaspillage ; la laisser dans la sauce rend le plat écœurant. Dégraissez à la louche et gardez.
Marge d'erreur
tolérant
Très tolérante en cuisson longue, où trente minutes de plus ou de moins ne changent presque rien : le gras protège la chair et le collagène continue de fondre. Elle est en revanche impitoyable avec les cuissons rapides, qui donnent systématiquement un morceau dur, et avec un sel appliqué trop tôt sur une pièce déjà salée du commerce.
Les températures à cœur
- 63 °CSécurité sanitaire
Le seuil des pièces entières de porc, franchi bien avant la fin d'une cuisson lente.
- 88 °CFondante
Le gras a fondu, le maigre est confit, et la couenne peut alors être passée sous le gril pour souffler.
La poitrine alterne des couches de gras et de muscle traversées de conjonctif : elle ne devient bonne que quand ces trois textures arrivent ensemble, ce qu'aucune cuisson rapide ne permet. Le gras fondu tient le maigre pendant que le collagène se change en gélatine, et c'est ce qui rend la poitrine tolérante là où une pièce maigre serait déjà perdue.
La couenne croustille seulement si elle est parfaitement sèche : essuyée, salée et laissée à découvert au réfrigérateur avant cuisson, elle souffle. Humide, elle reste caoutchouteuse quelle que soit la chaleur du gril.
Son profil et ses molécules
La cuisson ou le salage révèlent des arômes torréfiés ou fumés et renforcent considérablement le goût salé et umami.
Le gras des couches alternées fond lentement et arrose la viande de l'intérieur.
Elle expliquelactéstructurantIl fond en gélatine après des heures de cuisson douce et rend la poitrine fondante.
Elle expliquegélifiantIl donne la savoureur qui fait tenir un plat entier autour de ce seul morceau.
Elle expliqueumamiPeu abondante, elle donne la chair pâle qui blanchit dès le début de cuisson.
Elle expliquecolorantLa couenne saisie les forme et donne la croûte croustillante d'un porc laqué.
Elle expliquecarné
Par quoi le remplacer
Bacon ×1 : même poids, en tranches entières ou en lanières ; ne salez qu'en fin de cuisson, il apporte 2,6 g de sel aux 100 g ; il fume le plat et croustille plus vite que la poitrine fraîche
Lardons ×1 : même poids, déjà taillés ; faites-les revenir 1 min puis jetez l'excès de gras ; ils sont fumés et beaucoup plus salés (2,6 contre 0,15 g de sel aux 100 g), salez seulement en fin de cuisson
Ce qu’il peut remplacer
Lardons ×1 : même poids, taillée en dés de 1 cm : les lardons ne sont que de la poitrine fumée pré-découpée ; comptez 5 minutes de plus pour qu'elle rende son gras ; la poitrine fraîche apporte 0,15 g de sel aux 100 g contre 2,6 g : salez à la fin, sauf si c'est le sel que vous baissez
La constellation des accords
Ce que les 747 recettes du site en disent, et non ce qu’une théorie des arômes prédirait. Plus un aliment est proche du centre et large, plus il revient dans les mêmes recettes ; plus le trait est épais, plus la rencontre dépasse ce que le hasard expliquerait.
22 recettes qui en contiennent
Bouillon d'awara (le plat de Pâques guyanais)
400 gCalalou guyanais
200 gCassoulet
400 gChoucroute garnie
400 gCiaudedda lucana (ragoût printanier d'artichauts, de fèves et de pommes de terre)
100 gClub sandwich
200 gHamburger
50 gJota triestina (soupe de haricots, choucroute et pommes de terre de Trieste)
200 gKig ha farz
500 gLentilles au lard
200 gPizza e minestra (galette de maïs et verdure amère du Molise)
150 gPotjevleesch
400 gRillauds d'Anjou
1200 gRillettes du Mans
700 gRillons de Touraine
1500 gRisi e bisi (riz aux petits pois de Venise)
80 gSalsa ragù (sauce bolognaise)
150 gSoupe chinoise de Cayenne
250 gSoupe corse
200 gThịt kho (porc au caramel vietnamien et oeufs durs)
800 gTigelle (crescentine modenesi au saindoux)
120 gVelouté de haricots au nuage de thym et chips de Pancetta
100 gPour aller plus loin
La science derrière