Pain de campagne

Epicerie
vegan

Le pain de campagne doit son goût et sa conservation à une acidité : c'est un pain au levain, pas un pain blanc plus foncé.

51 recettes du site en utilisent. On en trouve surtout dans la cuisine italienne, française, espagnole, américaine.

La fiche

Se garde

10 jours

Eau

35%

du poids, cru

Empreinte carbone

1kg CO₂e / kg

Faible pour un ingrédient brut

pH

4,5

franchement acide

Calories

240kcal

pour 100 g

Composition
Protéines8,3 g
Glucides47 gdont 2,3 g de sucres
Lipides1,2 gdont 0,3 g saturés
Fibres4,9 g
Eau et reste38,6 g
Sel1,3 g

pour 100 g, source Agribalyse, fiabilité élevée

Prix

bon marché

Rôle en cuisine
structurant
Allergènes
gluten

Son index glycémique

Index glycémique élevé

valeur mesurée, lue sur une table publiée (Tables internationales 2021)

32,9 de charge pour 100 g

47,0 g de glucides pour 100 g, charge élevée

L’aire de cette courbe est la charge de 100 g de pain de campagne, 32,9. Une seule courbe occupe tout le cadre : sa largeur ne se compare à rien ici, c’est sa hauteur qui est l’index et son aire la charge.

à jeuntemps après le repas →montée de la glycémiePain de campagne : index 70, 47,0 g de glucides, charge 32,9Pain de campagneL’aire sous la courbe est la charge glycémique. La forme est un schéma ; seule l’aire est calculée. Les axes ne portent aucune unité : ni la hauteur ni la durée ne sont une mesure prise sur quelqu’un. Rien n’est enregistré.La largeur du cadre s’ajuste à la courbe la plus large : elle compare les courbes de ce graphe entre elles, pas celles d’une fiche à l’autre.
bas jusqu’à 55 · modéré jusqu’à 69 · élevé au-delà
charge = index × glucides ÷ 100

Cuisiner IG bas : ce que ces deux nombres mesurent, la table complète et les recettes du catalogue.

🩺 Les index sont ceux des tables internationales publiées (Atkinson FS, Brand-Miller JC et coll., « International Tables of Glycemic Index and Glycemic Load Values 2021 », The American Journal of Clinical Nutrition 114(5), p. 1625-1632. Consolide l'édition Foster-Powell 2002, AJCN 76(1), p. 5-56.) : ils décrivent l’aliment tel qu’il est mangé, mesuré sur un groupe, et une glycémie individuelle en dépend moins que du reste du repas.

Bien le choisir

La croûte doit être épaisse, franchement colorée, presque brune par endroits, et sonner creux quand on tape le dessous. Une croûte pâle et molle signale une cuisson insuffisante et un pain qui rassira en un jour. La mie doit être irrégulière, avec des alvéoles de tailles variées, jaune crème plutôt que blanche, et légèrement humide au toucher : une mie régulière et blanche trahit une pâte industrielle levée à la levure. Demandez la composition : un vrai pain de campagne contient de la farine de seigle, en général 10 à 20 %, et du levain. La mention pain au levain est réglementée en France, celle de pain de campagne ne l'est pas.

  • Une croûte épaisse et bien colorée, qui sonne creux
  • Une mie irrégulière, crème plutôt que blanche
  • Du levain et une part de farine de seigle dans la composition
  • Un poids élevé pour sa taille : un bon pain est dense

Le garder

Coupe posée à plat sur une planche, ou dans un sac en tissu, à température ambiante : trois à cinq jours, contre un jour pour une baguette, grâce à l'acidité du levain qui retarde le rassissement et les moisissures. Ne le mettez jamais au réfrigérateur : entre 0 et 8 °C, la rétrogradation de l'amidon est à son maximum et le pain rassit plus vite qu'à température ambiante. Le sac plastique ramollit la croûte et favorise les moisissures. Pour le garder plus longtemps, tranchez le et congelez le : les tranches se passent directement au grille pain. Un pain rassis n'est pas perdu, il devient chapelure, pain perdu, panzanella ou soupe.

Les gestes qui changent tout

Le laisser refroidir avant de le couper

Un pain sorti du four continue de cuire : l'amidon achève de se fixer et l'excès d'humidité s'évacue pendant une à deux heures. Coupé chaud, il donne une mie collante et compacte et sèche ensuite beaucoup plus vite. C'est le geste le plus contre intuitif de la boulangerie, et le plus systématiquement ignoré.

la science · le ratage

Le raviver au four, pas au micro ondes

Un pain de la veille passé sous un filet d'eau puis cinq minutes à four chaud retrouve une croûte croustillante et une mie souple : l'eau se transforme en vapeur qui réhydrate l'amidon rétrogradé. Le micro ondes fait l'inverse, il ramollit la croûte et rend la mie caoutchouteuse en refroidissant.

la science · le geste · le ratage

Sa mie éponge sans se déliter

La structure alvéolée et l'acidité du levain donnent une mie qui absorbe beaucoup de liquide en gardant sa tenue : c'est ce qui en fait le pain des tartines à l'huile, des bruschettas, des panzanellas et des soupes à l'oignon gratinées, là où un pain de mie se dissout instantanément.

la science · le geste

Le rassis vaut mieux que le frais

Pour une chapelure, une farce, un pain perdu ou un pudding, un pain de deux ou trois jours est supérieur au pain frais : moins d'eau libre, donc une meilleure absorption et une texture qui ne s'effondre pas. Séchez le au four à basse température si nécessaire, plutôt que d'acheter de la chapelure industrielle.

le geste · l'outil

Marge d'erreur

tolérant

Tolérant à l'usage : sa mie dense et son acidité lui permettent d'être trempé, grillé, chargé de garniture ou gardé plusieurs jours sans se défaire, là où un pain de mie ou une baguette lâchent immédiatement. Le seul moment où il ne pardonne pas est la sortie du four, où le couper avant refroidissement complet gâte irréversiblement la mie. Sa panification, elle, est un autre sujet, et le levain y est exigeant.

Idée reçue

« Le pain se conserve mieux au réfrigérateur. »

Faux : c'est l'endroit où il rassit le plus vite.

Le rassissement n'est pas un dessèchement mais une recristallisation : les molécules d'amidon gélatinisées à la cuisson se réorganisent progressivement en structures ordonnées, expulsant l'eau qu'elles retenaient, ce qu'on appelle la rétrogradation. Ce phénomène a une cinétique maximale entre 0 et 8 °C environ, précisément la plage de température d'un réfrigérateur. Des mesures de fermeté de mie au cours du temps le montrent nettement : un pain réfrigéré durcit en quelques heures autant qu'un pain à température ambiante en un ou deux jours. L'expérience se refait chez soi avec deux moitiés du même pain. La congélation, en revanche, fonctionne parfaitement, car en dessous de moins 18 °C la rétrogradation est pratiquement arrêtée.

Le principe en détail

Son profil et ses molécules

céréalierfermentétorréfiéacidesalé
présent

Le grillage développe des arômes torréfiés intenses tout en atténuant la perception de l'acidité.

  • Acide lactique

    acide organiquegoûtarôme

    Le levain le produit et donne l'acidité douce qui définit ce pain.

    Elle expliquefermentéacideacidifiant
  • Acide acétique

    acide organiquegoûtconservation

    Une pousse longue et fraîche le favorise et fait durer la miche plusieurs jours.

    Elle expliqueacideconservateur
  • Pyrazines

    pyrazinearômebrunissement

    La croûte épaisse les forme et donne l'odeur qui remplit la cuisine.

    Elle expliquetorréfiécéréalier
  • Chlorure de sodium

    minéralgoût

    Le sel règle la fermentation autant qu'il assaisonne la mie.

    Elle expliquesalé
  • Gluten

    protéinetexture

    Il retient le gaz du levain et donne les grandes alvéoles irrégulières.

    Elle expliquestructurant

Par quoi le remplacer

Baguette ×1 : poids pour poids ; mie plus légère et croûte plus fine, elle rassit vite : parfaite en croûtons, moins en tartine garnie

Pain complet ×1 : poids pour poids ; mie plus dense et goût plus marqué : tartines, croûtons, soupes

Ce qu’il peut remplacer

Pain de mie ×1 : tranches de 1 cm, croûte comprise, à poids égal ; la mie plus serrée s'imbibe moins vite : doublez le temps de trempage du pain perdu et baissez le feu pour que le fromage fonde avant que le pain ne brûle

Baguette ×1 : même poids, en tranches obliques de 1,5 cm ; croûte plus épaisse et mie plus acide, comptez une minute de grill en plus

Croûtons ×1.35 : 135 g de pain de campagne pour 100 g de croûtons, le pain frais étant plus humide ; dés de 1,5 cm séchés 10 à 12 minutes à 180 °C, la croûte donne des morceaux plus durs qui tiennent sous la sauce

Pourquoi ça marche

Son acidité et sa mie dense en font un pain de contraste plutôt qu'un support neutre : il tient tête aux produits gras et salés que le pain blanc laisse dominer. Il s'accorde avec le beurre salé, les fromages affinés, la charcuterie, les rillettes, les huîtres, la soupe à l'oignon, la tomate et l'huile d'olive, l'ail frotté, et les plats en sauce où il sert à saucer. Grillé, sa croûte caramélisée par la réaction de Maillard supporte des garnitures fortes, anchois, poivron grillé, fromage bleu.

La constellation des accords

Ses meilleurs duos

Ce qui ne marche pas

Le réfrigérateur

Entre 0 et 8 °C, la rétrogradation de l'amidon est à son maximum : le pain durcit en quelques heures, plus vite qu'à température ambiante.

Sauf : Le congélateur, lui, fonctionne parfaitement : en dessous de moins 18 °C la rétrogradation est pratiquement arrêtée.

Un sandwich délicat ou une garniture très fine

Sa croûte épaisse et son acidité écrasent les préparations légères, et sa mie ferme rend la bouchée difficile à mordre proprement.

Sauf : Tranché finement et grillé, il devient un support parfaitement adapté même aux garnitures délicates.

51 recettes qui en contiennent

Ajo blanco

100 g

Arrosticini (brochettes de mouton des Abruzzes)

300 g

Aziminu

200 g

Bouillabaisse

250 g

Bourride

150 g

Brandade de morue

200 g

Brodetto all'anconetana (soupe de poissons de l'Adriatique au vinaigre)

300 g

Bruschetta à l'aubergine grillée et à la menthe

240 g

Bruschetta à l'avocat et au citron vert

240 g

Bruschetta à la tapenade et aux anchois

240 g

Bruschetta al pomodoro (bruschetta à la tomate et au basilic)

200 g

Bruschetta aux asperges et au parmesan

240 g

Bruschetta aux champignons et au persil

240 g

Bruschetta aux haricots blancs et au romarin

240 g

Bruschetta aux poivrons rôtis et au pecorino

240 g

Bruschetta aux tomates confites et à la ricotta

240 g

Bruschetta beurre sauge

200 g

Bruschetta chèvre, miel et romarin

240 g

Bruschetta jambon cru, figue et miel

240 g

Camembert rôti

200 g

Canederli allo speck (boulettes de pain au speck du Trentin)

250 g

Cotriade

300 g

Escargots de Bourgogne

150 g

Fondue savoyarde

500 g

Fonduta valdostana (fondue à la fontine du Val d'Aoste)

250 g

Garbure

200 g

Gazpacho andalou

80 g

Licurdia (soupe calabraise d'oignons rouges de Tropea)

200 g

Matelote d'anguille

150 g

Mont d'or au four

200 g

Œufs Bénédicte

150 g

Œufs en meurette

200 g

Œufs parfait

100 g

Pallotte cacio e ova (boulettes de pecorino et d'œuf à la sauce tomate)

150 g

Pane mollo (soupe ciociara de pain rassis, de haricots et de légumes)

300 g

Panini caprese grillé

4 tranche

Panzanella (salade toscane de pain et de tomates)

200 g

Pappa al pomodoro (soupe toscane de pain rassis et de tomate)

300 g

Polpette al sugo (boulettes napolitaines à la sauce tomate)

100 g

Ribollita (soupe toscane de pain, chou et haricots blancs)

300 g

Salade de chèvre chaud

120 g

Salade lyonnaise

150 g

Salmorejo cordouan

200 g

Sandwich aubergine grillée et halloumi

4 tranche

Shakshuka aux œufs et feta

300 g

Soupe à l'oignon

80 g

Tartine au reblochon, jambon cru et roquette

200 g

Tartines de chèvre chaud

100 g

Tourin à l'ail

150 g

Trempage (pain trempé à la morue, à la mode martiniquaise)

400 g

Welsh

200 g

Son histoire

Le pain de campagne désigne d'abord un pain de village, par opposition au pain blanc de la ville : farine moins blutée, souvent mélangée de seigle, grosse pièce cuite une ou deux fois par semaine dans un four commun, et conservation longue par nécessité. Sa forme, sa densité et son acidité sont toutes des conséquences de ce rythme, pas des choix de goût.

Le XIXe et le XXe siècle inversent la hiérarchie. Le pain blanc, longtemps réservé aux villes et aux plus aisés, devient accessible à tous avec l'industrialisation de la meunerie, et la levure de boulanger remplace le levain parce qu'elle est plus rapide et plus prévisible. La baguette, produit urbain et de consommation immédiate, s'impose comme le pain français par excellence.

Le retour du pain de campagne est un mouvement récent et volontaire, porté à partir des années 1970 par des boulangers comme Lionel Poilâne, qui remettent en avant le levain, les farines moins raffinées et les grosses pièces. Le décret pain de 1993 encadre la mention pain au levain, sans toutefois définir précisément ce qu'est un pain de campagne, appellation qui reste largement libre.

Le détail qu’on ignore

Le décret français du 13 septembre 1993 encadre strictement la mention pain au levain, qui impose une fermentation par levain et un pH de la mie inférieur ou égal à 4,3, avec une teneur maximale en acide acétique. Il définit également le pain de tradition française, qui interdit toute congélation et limite les additifs. En revanche, l'appellation pain de campagne n'y reçoit aucune définition contraignante : un pain blanc à la levure additionné d'un peu de farine de seigle et coloré peut légalement porter ce nom, ce qui explique l'écart considérable de qualité d'une boulangerie à l'autre.

Source : Décret n° 93-1074 du 13 septembre 1993, Journal officiel

Pour aller plus loin

Sources : Décret n° 93-1074 du 13 septembre 1993 relatif au pain ; Harold McGee, On Food and Cooking, chapitre sur les pains ; Anses, table Ciqual, pain de campagne.

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