
Persil
Le persil n'est pas une décoration : c'est la seule herbe qui apporte à la fois de la fraîcheur végétale et assez de tenue pour supporter d'être hachée à l'avance.
99 recettes du site en utilisent. On en trouve surtout dans la cuisine française, italienne, créole, moyen-orientale.
La fiche
- Se garde
5 jours
- Eau
84%
du poids, cru
- Empreinte carbone
0,8kg CO₂e / kg
Faible pour un ingrédient brut
- Rendement
55%
100 g de botte donnent environ 55 g de feuilles ; les tiges restent utilisables en bouillon.
- Calories
45kcal
pour 100 g
- Composition
- Protéines3 gGlucides3,4 gdont 1 g de sucresLipides1,3 gdont 0,13 g saturésFibres4,3 gEau et reste88 gSel0,06 g
pour 100 g, source Agribalyse, fiabilité élevée
- Une branche
2 g
en moyenne
- Prix
- €€€
cher
- Rôles en cuisine
- aromatiquecolorant
Bien le choisir
Deux variétés, deux usages. Le persil plat, dit italien, a un goût nettement plus prononcé et des feuilles souples : c'est celui de la cuisine, du taboulé, des persillades et de tout ce qui se mange. Le persil frisé est plus discret en bouche et plus résistant visuellement, ce qui explique sa carrière de décoration d'assiette ; il n'est pas moins bon, il est moins parfumé et plus coriace. Cherchez des bottes d'un vert franc, aux tiges fermes et cassantes, sans feuille jaune ni base gluante. Le persil vendu en pot vivant tient bien plus longtemps qu'une botte, à condition de l'arroser et de couper les tiges extérieures. Le persil séché n'a pratiquement aucun intérêt : il perd la totalité de ses composés frais.
- Le plat pour cuisiner, le frisé surtout pour la tenue visuelle
- Des tiges fermes qui cassent net, pas de base visqueuse
- Un vert soutenu et uniforme, sans feuille jaunie
- Le persil séché ne remplace pas le frais : ses arômes sont volatils
Le garder
La méthode qui marche le mieux est le bouquet dans l'eau : coupez un centimètre de tige, placez la botte dans un verre d'eau, couvrez lâchement d'un sac plastique et mettez au réfrigérateur. Dix jours à deux semaines. L'autre méthode, un torchon humide ou du papier absorbant humidifié dans une boîte hermétique, tient une semaine. Ce qui tue le persil est l'excès d'eau stagnante sur les feuilles, qui les fait noircir. Ne le lavez donc qu'au moment de l'utiliser. Le persil se congèle bien, haché, dans un bac à glaçons avec un peu d'eau ou d'huile : il perd sa tenue mais garde son parfum, ce qui suffit pour un plat mijoté.
Les gestes qui changent tout
Hacher sec, avec un couteau qui coupe
Un persil mouillé se met en purée et rend son jus sur la planche, ce qui laisse une bouillie verte au lieu d'un hachis. Séchez le vraiment, à l'essoreuse puis au torchon, avant de le hacher. Et un couteau émoussé écrase les cellules au lieu de les trancher : le persil noircit alors en quelques minutes et perd son parfum dans la planche plutôt que dans le plat.
Ne pas jeter les tiges
Les tiges de persil sont plus parfumées que les feuilles, simplement plus fibreuses. Elles n'ont rien à faire dans un hachis mais tout à faire dans un bouquet garni, un fond, un bouillon ou une cuisson de légumes secs, où elles infusent puis se retirent. C'est aussi la partie qui donne sa profondeur à une sauce verte ou à un pesto de persil, mixée plutôt que hachée.
L'ajouter à la fin, toujours
Les composés aromatiques du persil sont volatils et disparaissent en quelques minutes de cuisson : un persil ajouté au début d'un mijoté ne parfume plus rien à l'arrivée et donne seulement des points verts fatigués. Feu coupé, ou directement dans l'assiette. La seule exception est la persillade saisie quelques secondes dans le gras chaud, où l'on cherche justement à la faire éclater.
Persillade et gremolata, deux minutes de travail
Persil, ail et éventuellement zeste de citron hachés ensemble au dernier moment : la persillade française et la gremolata milanaise sont le même geste, et elles relèvent un plat lourd, osso buco, poisson, champignons, pommes de terre, mieux que n'importe quelle sauce. Hacher ail et persil ensemble mélange leurs huiles sur la planche et donne un résultat plus homogène que deux hachis réunis.
Marge d'erreur
très permissif
Très permissif : il est difficile de mettre trop de persil, son amertume ne devient gênante qu'à des quantités que personne n'atteint, et sa découpe importe peu. Le seul vrai piège est temporel plutôt que quantitatif : haché trop à l'avance, il noircit et perd son parfum en une heure ; cuit trop longtemps, il ne sert plus à rien. Préparez le au moment, et il pardonne tout le reste.
L’activer et la garder vivante
Ciselé au dernier moment et jamais cuit : l'apiol et les autres composés du persil plat s'évaporent en quelques minutes de chaleur, et il ne reste qu'une couleur verte sans goût. La seule exception est la tige, qui tient la cuisson et peut partir dans un bouillon là où la feuille n'a rien à y faire.
Idée reçue
« Mâcher du persil fait disparaître l'haleine d'ail. »
Vrai en partie, mais seulement pour la bouche.
Le persil contient de la chlorophylle et des composés phénoliques qui neutralisent une partie des molécules soufrées présentes dans la bouche, et des travaux ont montré qu'une consommation simultanée de certains aliments, dont les herbes, la pomme et la laitue, réduit les composés volatils de l'ail mesurés dans l'air expiré. Mais l'essentiel de l'odeur d'ail persistante ne vient pas de la bouche : l'allyl méthyl sulfure passe dans le sang, circule et ressort par les poumons pendant plusieurs heures. Aucune quantité de persil mâché n'atteint ce circuit. Le persil règle donc l'haleine immédiate, pas celle du lendemain matin.
Son profil et ses molécules
La cuisson atténue sa fraîcheur vive au profit de notes végétales plus douces.
Il donne l'odeur du persil et l'amertume qui monte quand on en met beaucoup.
Elle expliqueherbacéamerElle porte la note verte et poivrée d'un persil plat haché à la minute.
Elle expliqueherbacévégétalElle donne le vert vif d'une persillade, qui brunit dès qu'elle chauffe trop.
Elle expliquecolorantIl naît à la coupe et donne l'odeur d'herbe fraîche qui s'efface en dix minutes.
Elle expliquevégétal
Par quoi le remplacer
Cerfeuil ×1 : poids pour poids ; plus délicat, avec une pointe anisée : à ajouter hors du feu, la cuisson le fait disparaître
Ciboulette ×1 : poids pour poids ; herbe de finition à note d'oignon doux : pour parsemer, pas pour une persillade qui cuit
Coriandre ×1 : poids pour poids ; goût franchement différent (agrume, savonneux pour certains) : à sa place dans un plat épicé, dépaysant dans une persillade
Ce qu’il peut remplacer
Basilic ×1 : poids pour poids ; plus herbacé et plus neutre : il fait un pesto correct et verdit une salade, sans le parfum anisé du basilic
Coriandre ×1 : poids pour poids ; plus neutre, sans la note d'agrume : ajouter un filet de citron vert pour retrouver ce qui manque
Menthe ×1 : même poids ; le persil plat apporte la fraîcheur verte sans le mentholé : c'est le duo habituel de la menthe au Levant, il peut donc la remplacer seul
Ciboulette ×1 : Même poids, ciselé au dernier moment : cinq branches de persil plat pour dix de ciboulette. Le goût devient herbacé et non plus oignon.
Pourquoi ça marche
Le persil sert de contrepoint : sa fraîcheur légèrement amère et herbacée coupe le gras et réveille un plat qui s'est aplati à la cuisson. C'est pourquoi il fonctionne si bien avec le beurre, l'ail, les pommes de terre, les escargots, les poissons et tout ce qui a mijoté longtemps. Il a une affinité particulière avec le citron, dont il prolonge l'acidité sans en ajouter, et avec les légumineuses, qu'il allège. En quantité importante il devient un ingrédient à part entière, comme dans le taboulé libanais ou la salsa verde.
La constellation des accords
Ce que les 747 recettes du site en disent, et non ce qu’une théorie des arômes prédirait. Plus un aliment est proche du centre et large, plus il revient dans les mêmes recettes ; plus le trait est épais, plus la rencontre dépasse ce que le hasard expliquerait.
Ses meilleurs duos
Les bases où il entre
Ce qui ne marche pas
Un long mijotage avec le persil haché dedans
Ses composés aromatiques sont volatils et partent en quelques minutes : il ne reste que des fragments décolorés et une légère amertume, sans aucun apport de fraîcheur.
Sauf : Les tiges entières, elles, sont faites pour cela : elles infusent lentement dans un bouillon et se retirent avant le service.
Le hacher une heure à l'avance
Une fois les cellules ouvertes, l'oxydation enzymatique noircit le hachis et ses huiles essentielles s'évaporent sur la planche : le goût reste dans la cuisine plutôt que dans le plat.
Sauf : Haché puis immédiatement mélangé à de l'huile, dans une persillade ou un pesto, il se conserve bien plus longtemps : le gras le protège de l'air.
99 recettes qui en contiennent
Abbuoto (rouleaux d'abats d'agneau à la crépine, à la molisaine)
3 brancheAccras de morue guadeloupéens
4 brancheAgnello cacio e ova (agneau lié aux œufs et au pecorino)
4 brancheBaba ganousch
20 gBaccalà mantecato (morue fouettée à l'huile d'olive)
4 brancheBlaff de poisson guyanais
4 brancheBoulettes de lentilles à la sauce tomate
6 brancheBrandade de morue
4 brancheBrochet au beurre blanc
3 brancheBrodetto all'anconetana (soupe de poissons de l'Adriatique au vinaigre)
6 brancheBruschetta à la tapenade et aux anchois
4 brancheBruschetta aux champignons et au persil
8 brancheCake aux champignons et au parmesan
6 brancheCanederli allo speck (boulettes de pain au speck du Trentin)
4 brancheCarciofi alla romana (artichauts braisés à la menthe et à l'ail)
6 brancheChermoula
4 brancheChili con carne
1 brancheChili sin carne
1 brancheChimi churri
1 brancheChiquetaille de morue
4 brancheChou-fleur rôti, pois chiches et sauce tahin
6 brancheCoq au vin
4 brancheCotriade
6 brancheCrabes farcis à la guyanaise
6 brancheDombrés aux crevettes (boulettes de farine mijotées à la créole)
4 brancheEntrecôte à la bordelaise
4 brancheErbazzone reggiano (tourte aux blettes et au parmesan)
4 brancheEscalope à la normande
2 brancheEscalopes de seitan panées à la milanaise
4 brancheEscargots de Bourgogne
10 brancheFalafels traditionnels
8 brancheFatteh de pois chiches au yaourt et tahin
6 brancheGalette aux pommes de terre
6 brancheGalette forestière
4 brancheGigantes plaki (haricots blancs au four à la grecque)
6 brancheHareng pommes à l'huile
4 brancheHarira végétarienne
6 brancheHomard à l'armoricaine
4 brancheHomard grillé au beurre citronné
5 brancheJambon persillé
15 brancheLasagnes aux cèpes et boudin blanc
3 brancheLe confit de canard et ses pommes de terre sarladaises
1 brancheLentilles à la créole
4 brancheLentilles au lard
1 brancheLinguine allo scoglio (linguine aux fruits de mer)
6 brancheMarmite dieppoise
4 brancheMatelote d'anguille
4 brancheMatoutou de crabe (crabes mijotés au riz créole)
6 brancheMelanzane ripiene alla calabrese (aubergines farcies à la calabraise)
5 brancheMogettes au jambon
4 brancheMoules à la crème
6 brancheMoules-frites
6 brancheNavarin d'agneau printanier
4 brancheŒufs en meurette
4 brancheOmelette aux cèpes
2 brancheOssobuco alla milanese (jarret de veau braisé et gremolata)
6 branchePains à l'ail
1 branchePallotte cacio e ova (boulettes de pecorino et d'œuf à la sauce tomate)
2 branchePalourdes farcies
8 branchePâté de Pâques berrichon
6 branchePâté lorrain
6 branchePâté salé martiniquais (tourte feuilletée à la viande)
6 branchePâtes au pesto de persil
1 bouquetPâtes aux champignons forestiers
8 branchePita falafel sauce tahin
6 branchePolpette al sugo (boulettes napolitaines à la sauce tomate)
4 branchePounti auvergnat
6 branchePréfou
4 brancheQuiche aux champignons et au comté
6 brancheRafanata (omelette lucanienne au raifort)
4 brancheRavioli scapolesi (raviolis de Scapoli à la ricotta et à la scamorza)
2 brancheRisi e bisi (riz aux petits pois de Venise)
4 brancheRisotto aux champignons
1 brancheRissoles de Saint-Pierre-et-Miquelon
4 brancheSalade composée aux haricots blancs
4 brancheSalade de carottes râpées
3 brancheSalade de flageolets et œufs durs, vinaigrette moutarde
6 brancheSalade de lentilles à l'échalote
4 brancheSalade de pois chiches à la méditerranéenne
4 brancheSalade de pommes de terre à la vinaigrette
4 brancheSalade de quinoa méditerranéenne
4 brancheSalade de tomates à l'échalote
4 brancheSalade lyonnaise
3 brancheSauce chien antillaise
6 brancheSaucisse de Morteau aux pommes de terre
4 brancheSole normande
2 brancheSoupe de carottes et patates douces
1 brancheSpaghetti aglio e olio (spaghetti à l'ail, huile d'olive et piment)
1 brancheSpaghetti alle vongole (spaghetti aux palourdes)
2 brancheSpaghettis façon puttanesca
6 brancheSteaks de haricots rouges et flocons d'avoine
5 brancheTagine aux aubergines, amandes et citrons confits
2 brancheTi-nain morue (bananes vertes et morue)
3 brancheTiella barese (gratin de riz, pommes de terre et moules de Bari)
6 brancheTielle sétoise
4 brancheTomates farcies à la viande
4 brancheTomates farcies au riz et herbes fraîches
6 brancheTrempage (pain trempé à la morue, à la mode martiniquaise)
8 brancheTruffade
4 brancheSon histoire
Le persil vient de la Méditerranée orientale et a d'abord été une plante symbolique plutôt qu'alimentaire. Les Grecs en couronnaient les vainqueurs des jeux Néméens et en ornaient les tombes, au point que l'expression « avoir besoin de persil » signifiait être à l'article de la mort. Cette association funéraire l'a longtemps tenu à l'écart de la table.
Ce sont les Romains qui en font un aliment courant, et le Moyen Âge européen l'adopte massivement : il est l'une des herbes les plus cultivées des jardins monastiques, à la fois condiment et remède. Charlemagne le fait figurer dans le capitulaire De Villis, la liste des plantes à cultiver dans les domaines royaux.
La cuisine française classique lui donne son statut d'herbe de fond : il est l'un des composants obligés du bouquet garni et des fines herbes, et la persillade devient un geste de base. Le persil frisé, sélectionné plus tard, doit sa fortune à une raison purement pratique : il ne ressemble pas à la petite ciguë, dont la confusion avec le persil plat a causé de vrais accidents. Sa carrière de garniture décorative, elle, est un accident du XXe siècle, qui l'a fait disparaître des assiettes en tant qu'ingrédient au moment même où on le posait sur toutes.
Le détail qu’on ignore
Le persil est l'ingrédient d'un des plats les plus mal connus de la cuisine française savante : le persil frit, servi en garniture croustillante, dont Escoffier précise qu'il doit être jeté dans une friture très chaude et retiré dès qu'il cesse de crépiter, soit quelques secondes. Le crépitement est le bruit de son eau qui s'évapore ; son arrêt signale que la feuille est déshydratée et sur le point de brûler. C'est un cas rare où l'indicateur de cuisson est purement sonore.
Source : Auguste Escoffier, Le Guide culinaire, garnitures et éléments de décor
Pour aller plus loin
La science derrière
Quand ça rate
Les cuisines
Sources : Anses, table Ciqual, persil frais ; Alan Davidson, The Oxford Companion to Food, entrée « parsley » ; Auguste Escoffier, Le Guide culinaire.