Concentré de tomates

Conserve
vegan
sans gluten

Une cuillère de concentré de tomates apporte plus de glutamate qu'une boîte entière de tomates pelées : c'est un exhausteur de goût naturel.

38 recettes du site en utilisent. On en trouve surtout dans la cuisine française, italienne, grecque, chinoise.

La fiche

Se garde

10 mois

Eau

70%

du poids, cru

Empreinte carbone

1,8kg CO₂e / kg

Modérée pour un ingrédient brut

pH

4,3

franchement acide

Calories

80kcal

pour 100 g

Composition
Protéines4,4 g
Glucides12,9 gdont 10 g de sucres
Lipides0,5 gdont 0,1 g saturés
Fibres3,6 g
Eau et reste78,6 g
Sel0,3 g

pour 100 g, source Agribalyse, fiabilité élevée

Prix

bon marché

Rôles en cuisine
aromatique
épaississant
colorant

Son index glycémique

Index glycémique bas

valeur estimée par similarité avec un aliment mesuré

4,5 de charge pour 100 g

12,9 g de glucides pour 100 g, charge basse

tomate réduite, sans sucre ajouté.

L’aire de cette courbe est la charge de 100 g de concentré de tomates, 4,5. Une seule courbe occupe tout le cadre : sa largeur ne se compare à rien ici, c’est sa hauteur qui est l’index et son aire la charge.

à jeuntemps après le repas →montée de la glycémieConcentré de tomates : index 35, 12,9 g de glucides, charge 4,5Concentré de tomatesL’aire sous la courbe est la charge glycémique. La forme est un schéma ; seule l’aire est calculée. Les axes ne portent aucune unité : ni la hauteur ni la durée ne sont une mesure prise sur quelqu’un. Rien n’est enregistré.La largeur du cadre s’ajuste à la courbe la plus large : elle compare les courbes de ce graphe entre elles, pas celles d’une fiche à l’autre.
bas jusqu’à 55 · modéré jusqu’à 69 · élevé au-delà
charge = index × glucides ÷ 100

Cuisiner IG bas : ce que ces deux nombres mesurent, la table complète et les recettes du catalogue.

🩺 Les index sont ceux des tables internationales publiées : ils décrivent l’aliment tel qu’il est mangé, mesuré sur un groupe, et une glycémie individuelle en dépend moins que du reste du repas.

Bien le choisir

La liste des ingrédients doit tenir en un mot, tomate, éventuellement deux avec le sel. Tout ce qui s'ajoute, sucre, acide citrique, arômes, signale un produit qui compense une matière première médiocre. Regardez ensuite la concentration, exprimée en extrait sec : un double concentré titre autour de 28 à 30 %, un triple autour de 36 à 38 %, et c'est ce qui décide du dosage. La couleur doit être d'un rouge brique profond, ni orangé, ce qui signale une surchauffe, ni brun, ce qui signale l'âge. Le tube est plus pratique que la boîte pour qui en utilise une cuillère à la fois, et se conserve nettement mieux une fois entamé.

  • De la tomate, et éventuellement du sel : rien d'autre
  • Le taux d'extrait sec, qui distingue double et triple concentré
  • Un rouge brique profond, jamais orangé ni brun
  • En tube plutôt qu'en boîte pour les petites quantités

Le garder

La boîte ou le tube non ouverts se gardent des années dans un placard. Entamé, le concentré s'oxyde vite et moisit en surface : transvasez le contenu d'une boîte dans un bocal, couvrez d'un film d'huile d'olive, et il tiendra deux à trois semaines au réfrigérateur. Le tube, lui, limite le contact avec l'air et tient un à deux mois. La meilleure méthode reste la congélation en portions d'une cuillère à soupe dans un bac à glaçons : le concentré ne durcit jamais complètement et s'ajoute directement dans la casserole. Une couche noire en surface est de l'oxydation, à retirer ; des points blancs ou verts sont des moisissures, et le pot se jette.

Les gestes qui changent tout

Le faire caraméliser avant d'ajouter le liquide

C'est le geste qui change tout. Ajoutez le concentré dans la matière grasse chaude avec les oignons déjà revenus et laissez le cuire une à deux minutes en remuant, jusqu'à ce qu'il fonce et sente le grillé. Ses sucres caramélisent et ses acides aminés réagissent : le goût passe d'acide et métallique à profond et sucré. Un concentré versé directement dans un liquide n'a pas cette occasion.

la science · le geste · l'outil

L'utiliser comme sel de goût

La tomate est l'une des sources végétales les plus riches en glutamate libre, et la concentration la multiplie : une cuillère de concentré dans un ragoût, une soupe de légumes ou un chili donne une profondeur qu'aucune quantité de sel ne produit. Il fonctionne même là où la tomate n'est pas attendue, comme dans un bouillon de bœuf ou une sauce brune.

le geste · le ratage

Compenser son acidité

Le concentré est acide, autour de pH 4,3, et son acidité se sent immédiatement dans une petite préparation. Une pincée de sucre, une carotte râpée ou un temps de mijotage plus long l'arrondissent. Évitez le bicarbonate, qui neutralise chimiquement mais laisse un goût savonneux et détruit la couleur.

la science · le ratage

Ne pas confondre les concentrations

Une cuillère de triple concentré équivaut à environ une cuillère et demie de double. Les recettes italiennes parlent souvent de concentrato, qui est un double, alors que la plupart des tubes français sont des doubles et les boîtes des triples selon les marques. Lisez l'extrait sec avant de doubler une dose, sous peine d'un plat acide et lourd.

l'outil · le ratage

Marge d'erreur

demande de l’attention

Demande de l'attention par sa concentration : une cuillère de trop rend un plat acide, lourd et uniformément rouge, et rien ne l'enlève ensuite. Il brûle aussi très vite dans une poêle chaude, ses sucres passant du caramel au noir en quelques secondes. En revanche, dans un mijoté long avec beaucoup de liquide, il est très permissif et sa présence ne se corrige que par excès.

Idée reçue

« Le concentré de tomates est une tomate en boîte, en plus épais. »

Vrai sur le principe, faux sur ce qu'il fait.

La différence n'est pas seulement une affaire d'eau retirée. La cuisson prolongée qui produit le concentré déclenche des réactions que la tomate pelée ne subit pas : caramélisation des sucres, formation de composés de Maillard, et surtout multiplication de la concentration en glutamate libre, la tomate en étant l'une des sources végétales les plus riches. C'est mesurable, et c'est perceptible dans une comparaison simple : préparez deux petites sauces identiques, l'une avec 400 g de tomates réduites jusqu'à obtenir 50 g, l'autre avec 50 g de concentré, elles n'auront pas le même goût, la seconde étant plus profonde et plus sucrée. Ce n'est donc pas un substitut proportionnel mais un autre ingrédient, avec une fonction d'exhausteur que la tomate fraîche n'a pas.

Le principe en détail

Son profil et ses molécules

fruitévégétalacidesucréumami
marqué

La cuisson dans un corps gras réduit son acidité prononcée et caramélise ses sucres.

  • Acide citrique

    acide organiquegoût

    Il est concentré au même titre que le reste, d'où le goût métallique d'un concentré non revenu.

    Elle expliqueacideacidifiant
  • Furanones

    cétonearômebrunissement

    Elles se forment quand le concentré caramélise dans l'huile, étape qui retire son âpreté.

    Elle expliquefruitévégétal
  • Fructose

    glucidegoûtbrunissement

    Il est concentré avec le reste et fait du concentré revenu une source de douceur autant que de couleur.

    Elle expliquesucré
  • Glutamate

    acide aminégoût

    Il est concentré plusieurs fois et fait de la cuillerée de concentré un exhausteur de fond de sauce.

    Elle expliqueumami
  • Lycopène

    pigmentcouleur

    Il donne le rouge brique dense qui colore un ragoût entier avec une seule cuillerée.

    Elle expliquecolorant
  • Pectine

    glucidetexture

    Elle donne la consistance pâteuse et épaissit une sauce sans farine ni réduction longue.

    Elle expliqueépaississant

Par quoi le remplacer

Coulis de tomates ×3 : trois fois le poids (le concentré est réduit à 28 % de matière sèche, le coulis à 8 %) et laissez évaporer 10 minutes de plus : sans cela le plat reste liquide

Ketchup ×1.5 : une fois et demie le poids, et retirez le sucre et le vinaigre prévus ailleurs dans la recette : le ketchup en apporte déjà. Réservé aux sauces relevées, jamais à un mijoté

Pulpe de tomate ×4 : quatre fois le poids, dans un plat qui mijote au moins 20 minutes : la pulpe apporte beaucoup d'eau et des morceaux là où le concentré ne donnait que du goût

Ce qu’il peut remplacer

Pulpe de tomate ×0.25 : un quart du poids, allongé de trois quarts d'eau ; faire revenir le concentré une minute dans la matière grasse avant de mouiller, sinon il reste acide ; sauce lisse, sans morceaux

Pourquoi ça marche

Le concentré est un condiment de fond plus qu'un ingrédient de goût tomate : il donne de la profondeur, de la couleur et une salinité savoureuse à tout ce qui manque de corps. Il s'accorde avec l'ail, l'oignon, le laurier, le thym, le vin rouge, le paprika, le piment, l'anchois et le bœuf, et il structure les mijotés, les chilis, les ragoûts, les soupes de légumineuses et les sauces brunes. Il fonctionne aussi dans un bouillon de volaille, où il apporte du corps sans que la tomate soit identifiable.

La constellation des accords

Ses meilleurs duos

Les bases où il entre

Ce qui ne marche pas

Le verser cru dans une préparation liquide

Sans passage dans la matière grasse chaude, ses sucres ne caramélisent pas : il garde un goût acide et métallique reconnaissable qu'un long mijotage n'efface qu'en partie.

Sauf : Dans une sauce cuite plusieurs heures, un chili ou une bolognaise longue, la cuisson finit par faire le travail.

Le laisser plus de deux minutes dans une poêle chaude

Sa concentration en sucres le fait passer du caramel au brûlé en quelques secondes, avec une amertume qui contamine tout le plat.

Sauf : À feu moyen et en remuant, avec les oignons pour tampon, la marge devient beaucoup plus confortable.

38 recettes qui en contiennent

Aziminu

30 g

Bœuf bourguignon

30 g

Bouillabaisse

30 g

Bourguignon de seitan

30 g

Cassoulet

30 g

Civet de sanglier

30 g

Cotechino con lenticchie (saucisson de Modène aux lentilles)

20 g

Court-bouillon de poisson antillais

30 g

Dombrés aux crevettes (boulettes de farine mijotées à la créole)

30 g

Empanadas de viande

100 g

Ezogelin (soupe turque de lentilles corail)

40 g

Fricassée de chatrou (poulpe à la martiniquaise)

30 g

Gigantes plaki (haricots blancs au four à la grecque)

30 g

Gulasch triestino (goulasch de bœuf de Trieste)

30 g

Hachis parmentier de lentilles

30 g

Harira végétarienne

30 g

Homard à l'armoricaine

20 g

Lasagnes à la bolognaise

30 g

Lasagnes à la bolognaise de lentilles

40 g

Lentilles à la créole

30 g

Minestrone

50 g

Moussaka végétarienne aux lentilles

40 g

Navarin d'agneau printanier

30 g

Pimentade de poisson

40 g

Poisson grillé sauce créole

20 g

Polenta con le spuntature (polenta abruzzaise aux travers de porc et à la saucisse)

50 g

Polenta molisana (polenta compacte à la sauce tomate aux saucisses au fenouil)

30 g

Quenelles de brochet sauce Nantua

20 g

Ragù napoletano (sauce du dimanche mijotée aux deux viandes)

100 g

Sauce espagnole

40 g

Sauce tomate

50 g

Soffritto molisano (ragoût d'abats de porc au piment et au concentré de tomate)

100 g

Steaks de haricots rouges et flocons d'avoine

20 g

Tacos de protéines de soja texturées

40 g

Tielle sétoise

50 g

Tofu croustillant sauce aigre-douce

30 g

Velouté de haricots au nuage de thym et chips de Pancetta

10 g

Vincisgrassi (lasagnes des Marches au ragù blanc et aux abats)

40 g

Son histoire

La tomate arrive en Europe au XVIe siècle et reste deux siècles une curiosité ornementale, suspectée d'être toxique en raison de son appartenance aux solanacées. C'est le sud de l'Italie qui l'adopte le premier comme aliment, et c'est là que naît la conservation par concentration : la nécessité de garder la récolte d'été jusqu'à l'hiver, dans un climat où le séchage au soleil est possible.

La méthode traditionnelle, encore pratiquée en Sicile et dans les Pouilles, consiste à étaler la purée de tomate sur de larges planches de bois exposées au soleil et à la retourner pendant plusieurs jours jusqu'à obtenir une pâte presque noire, l'estratto. Le produit obtenu est extrêmement puissant et n'a plus grand chose à voir avec une tomate fraîche.

L'industrialisation, à partir de la fin du XIXe siècle et notamment autour de Naples et de Parme, remplace le soleil par l'évaporateur sous vide, qui préserve mieux la couleur et permet une production à grande échelle. Le concentré devient alors un produit mondial, présent aussi bien dans les cuisines italiennes que dans celles du Maghreb, du Proche Orient et de l'Afrique de l'Ouest, où il est souvent le premier ingrédient tomate disponible toute l'année.

Le détail qu’on ignore

En Sicile et dans les Pouilles, on produit encore un concentré artisanal appelé estratto, obtenu en étalant la purée de tomate salée sur de larges planches de bois exposées en plein soleil, et en la retournant à la main pendant plusieurs jours. La pâte finit presque noire et si dense qu'elle se coupe au couteau. Il faut environ dix kilos de tomates pour un kilo d'estratto, et son goût, marqué par la fermentation lente qui accompagne le séchage, n'a plus rien de commun avec un concentré industriel évaporé sous vide en quelques heures.

Source : Alan Davidson, The Oxford Companion to Food, entrée « tomato »

Pour aller plus loin

Sources : Alan Davidson, The Oxford Companion to Food, entrée « tomato » ; Harold McGee, On Food and Cooking, chapitre sur les fruits et légumes ; Anses, table Ciqual, concentré de tomates.

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