
Sucre en poudre
Le sucre ne sucre pas seulement : il retient l'eau, retarde la coagulation des œufs, nourrit la levure et brunit. En pâtisserie, il est un ingrédient structurel.
190 recettes du site en utilisent. On en trouve surtout dans la cuisine française, italienne, thaïlandaise, américaine.
La fiche
- Se garde
1.4 ans
- Eau
0%
du poids, cru
- Empreinte carbone
0,9kg CO₂e / kg
Faible pour un ingrédient brut
- Calories
400kcal
pour 100 g
- Composition
- Protéines0 gGlucides100 gdont 100 g de sucresLipides0 gdont 0 g saturésFibres0 gSel0 g
pour 100 g, source Agribalyse, fiabilité élevée
- Prix
- €€€
bon marché
- Rôles en cuisine
- conservateurstabilisantstructurant
Son index glycémique
Index glycémique modéré
valeur mesurée, lue sur une table publiée (Tables internationales 2021)65,0 de charge pour 100 g
100,0 g de glucides pour 100 g, charge élevéesaccharose.
L’aire de cette courbe est la charge de 100 g de sucre en poudre, 65,0. Une seule courbe occupe tout le cadre : sa largeur ne se compare à rien ici, c’est sa hauteur qui est l’index et son aire la charge.
Cuisiner IG bas : ce que ces deux nombres mesurent, la table complète et les recettes du catalogue.
🩺 Les index sont ceux des tables internationales publiées (Atkinson FS, Brand-Miller JC et coll., « International Tables of Glycemic Index and Glycemic Load Values 2021 », The American Journal of Clinical Nutrition 114(5), p. 1625-1632. Consolide l'édition Foster-Powell 2002, AJCN 76(1), p. 5-56.) : ils décrivent l’aliment tel qu’il est mangé, mesuré sur un groupe, et une glycémie individuelle en dépend moins que du reste du repas.
Bien le choisir
Le sucre en poudre, ou sucre semoule, est le format polyvalent : ses cristaux sont assez fins pour se dissoudre dans une pâte et assez gros pour piéger de l'air quand on les bat avec du beurre. Le sucre cristallisé, plus gros, convient aux confitures et aux caramels mais crème mal. Le sucre glace est du sucre broyé additionné d'un peu d'amidon : il se dissout instantanément mais ne crème pas et laisse une texture différente. Betterave ou canne ne change presque rien en cuisine, c'est le même saccharose ; ce qui change est ce qu'on laisse autour, la mélasse des sucres bruns, roux, cassonade, muscovado, qui apporte acidité, humidité et un goût de réglisse. Un sucre brun est donc légèrement acide, ce qui peut activer un bicarbonate.
- Sucre en poudre pour la pâtisserie courante, cristallisé pour confitures et caramels
- Sucre glace pour les glaçages : il contient de l'amidon, il ne crème pas
- Betterave ou canne : chimiquement identiques une fois raffinés
- Les sucres bruns apportent de l'humidité et une pointe d'acidité
Le garder
Le sucre blanc est indestructible : au sec et fermé, il se garde indéfiniment, aucune bactérie ne peut se développer dans un produit aussi pauvre en eau. Son seul problème est l'humidité, qui le prend en bloc ; le bloc se casse et le sucre reste parfaitement utilisable. Les sucres bruns sont l'inverse : ils contiennent de la mélasse donc de l'eau, et durcissent en séchant. Un morceau de pomme ou de pain dans le bocal les regarde souples, et un durci se récupère en quelques secondes au micro ondes à côté d'un verre d'eau, ou une nuit avec une tranche de pain frais. Le sucre en pot ouvert attire aussi les fourmis : un contenant vraiment hermétique règle la question.
Les gestes qui changent tout
Crémer avec le beurre, c'est mécanique
Battre le sucre avec du beurre pommade n'est pas un mélange, c'est un travail d'aération : les arêtes des cristaux découpent des bulles d'air dans le gras et les y piègent. C'est ce foisonnement qui donne la légèreté d'un cake, souvent plus que la levure. Il faut trois à cinq minutes au batteur et un mélange qui blanchit et prend du volume ; avec du sucre glace, l'effet ne se produit pas.
Caraméliser à sec ou à l'eau, sans remuer
Un caramel rate presque toujours pour la même raison : on l'a remué, ce qui provoque une recristallisation en masse. Chauffez le sucre sans y toucher, en inclinant la casserole pour égaliser, et nettoyez les parois au pinceau mouillé. Un filet de jus de citron ou une cuillère de glucose empêchent la cristallisation en cassant la régularité du réseau. La couleur va très vite après 170 °C : préparez la suite avant.
Le sucre retarde la prise des œufs
Dans une crème anglaise ou un flan, le sucre s'interpose entre les protéines et élève la température de coagulation de plusieurs degrés : la crème prend plus tard mais devient plus onctueuse, et la marge avant les grumeaux s'élargit. C'est pourquoi une crème très sucrée est plus facile à réussir qu'une crème peu sucrée, et pourquoi baisser le sucre d'une recette de crème change son comportement, pas seulement son goût.
Ne pas le réduire de moitié dans un gâteau
Le sucre retient l'eau, donc il garde la mie moelleuse et prolonge la conservation ; il abaisse aussi la température de brunissement, donc il colore. Diviser sa quantité par deux dans un cake donne un gâteau pâle, sec le lendemain et à la mie plus serrée. Une baisse de vingt à vingt-cinq pour cent passe presque toujours inaperçue ; au-delà, il faut ajuster le liquide et le temps de cuisson.
Marge d'erreur
demande de l’attention
Tout dépend de l'usage, et l'écart est spectaculaire. Dans un gâteau, le sucre est très permissif : vingt pour cent de moins ou de plus donnent un résultat différent mais parfaitement bon. Dans un caramel ou un travail de sucre cuit, il est impitoyable, la fenêtre entre le blond et le brûlé se compte en secondes et la moindre impureté déclenche une cristallisation qui ruine la casserole. Dans une confiture, il est un conservateur dont la proportion décide de la tenue.
Idée reçue
« Le sucre roux est meilleur pour la santé que le sucre blanc. »
Faux, à la marge près des traces de minéraux.
Un sucre roux est du saccharose entouré d'un reste de mélasse. La mélasse contient bien du potassium, du calcium et du fer, mais en quantité dérisoire à l'échelle d'une consommation réelle : il faudrait manger plusieurs centaines de grammes de sucre roux par jour pour tirer un apport minéral significatif, ce qui annule largement l'avantage. Les tables de composition donnent des valeurs énergétiques quasi identiques, autour de 380 à 400 kcal pour 100 g dans les deux cas, et le même index glycémique. Ce que le sucre roux apporte réellement est du goût, de l'humidité et une légère acidité qui peut activer un bicarbonate. Choisissez le pour cela, pas pour la nutrition.
Son profil et ses molécules
La cuisson le caramélise, développant des notes torréfiées et une légère amertume.
Caramel
pigmentcouleurarômeLa cuisson à sec le forme et donne l'ambre et le goût d'un caramel.
Elle expliquemiellécolorantIl donne le sucré, retient l'eau et conserve une confiture pendant des mois.
Elle expliquesucréconservateurSon évaporation contrôlée décide du stade de cuisson d'un sirop de sucre.
Elle expliquestructurantUne pointe d'acide le crée et empêche un sirop de cristalliser en masse.
Elle expliquestabilisant
Par quoi le remplacer
Cassonade ×1 : poids pour poids ; la mélasse résiduelle apporte une note caramel et retient l'humidité : mie plus moelleuse, coloration plus rapide
Sirop d'agave ×0.7 : 70 g pour 100 g de sucre (il sucre 1,4 fois plus), et retirer 3 c. à s. de liquide par 100 g ; goût neutre, index glycémique plus bas
Sirop d'érable ×0.75 : 75 g de sirop pour 100 g de sucre, et retirer 3 c. à s. de liquide par 100 g ; sucre déjà dissous : parfait pour boissons, marinades et pâtes liquides, inutilisable pour un sucre cuit
Sucre roux ×1 : poids pour poids ; goût légèrement caramélisé, colore davantage à la cuisson
Ce qu’il peut remplacer
Sucre vanillé ×1 : même poids : un sachet de sucre vanillé, c'est 7,5 g de sucre et une trace de vanille. Ajoutez l'extrait si vous en avez, sinon le gâteau sera simplement moins parfumé
Miel ×0.8 : 80 g de sucre pour 100 g de miel, plus 20 g d'eau : le miel est liquide à un cinquième ; sans cette eau la pâte est trop sèche
Sucre glace ×1 : poids pour poids, mais mixé 30 s (avec 1 % de fécule) sinon un glaçage reste sableux : pour saupoudrer, le grain se voit et fond
Cassonade ×1 : même poids ; le résultat est plus pâle et perd la note de mélasse ; pour le craquelin et le pain d'épices, la couleur vient alors du beurre et du miel
Sucre roux ×1 : poids pour poids ; le sucre blanc ne colore pas et ne retient pas l'humidité : biscuits plus pâles et plus croquants, gâteaux à peine plus secs
Pourquoi ça marche
Le sucre agit sur la perception des autres saveurs autant que sur la sienne : il masque l'amertume, il adoucit l'acidité, et une pincée dans une sauce tomate ou une vinaigrette corrige un déséquilibre sans se faire remarquer. À l'inverse, une pointe de sel dans un dessert sucré augmente la perception du sucré. Il fait aussi le lien entre le gras et l'acide, ce qui explique sa place dans les préparations aigres douces, les chutneys et les marinades laquées.
La constellation des accords
Ce que les 747 recettes du site en disent, et non ce qu’une théorie des arômes prédirait. Plus un aliment est proche du centre et large, plus il revient dans les mêmes recettes ; plus le trait est épais, plus la rencontre dépasse ce que le hasard expliquerait.
Ses meilleurs duos
Les bases où il entre
Ce qui ne marche pas
Le remplacer au poids par un édulcorant dans une pâtisserie
Le sucre y fait quatre métiers en plus de sucrer : il retient l'eau, il aère au crémage, il brunit et il retarde la coagulation. Un édulcorant intense n'en fait aucun, et la recette s'effondre.
Sauf : Dans une boisson, une compote ou un accompagnement où le sucre ne fait que sucrer, la substitution est sans conséquence.
Remuer un caramel en cours de cuisson
Un seul cristal ramené dans le sirop sert d'amorce et déclenche une recristallisation en chaîne : le caramel redevient un bloc de sucre granuleux, sans retour possible.
Sauf : Un caramel à sec au tout début, quand le sucre commence à fondre par plaques, gagne à être déplacé doucement avec la casserole plutôt qu'avec une cuillère.
190 recettes qui en contiennent
Agua fresca de sandía (eau fraîche de pastèque)
40 gAmaretti moelleux
150 gAppareil à Cheesecake
125 gAppareil à flan
50 gArnold Palmer (thé glacé et citronnade)
90 gBaba au rhum
10 gBabà napoletano (baba napolitain imbibé au rhum)
260 gBánh mì végétarien au tofu citronnelle
40 gBeignets de brocciu
40 gBiscuits à la cuillère
90 gBissap (infusion d'hibiscus à la menthe)
120 gBlanc-manger coco
40 gBoisson hydratante pour le sport
15 gBokit guadeloupéen
10 gBouchons réunionnais (raviolis de porc à la vapeur)
5 gBretzel
10 gBrioche
60 gBrioche vendéenne
90 gBugnes lyonnaises
100 gBún bò Nam Bộ (bo bun au bœuf citronnelle, nems et herbes fraîches)
55 gCake au citron
200 gCalissons d'Aix
150 gCanistrelli
80 gCannelés bordelais
250 gCannoli siciliani (cannoli à la ricotta et aux fruits confits)
25 gCantucci aux amandes
150 gCaponata (aubergines siciliennes à l'aigre-doux)
40 gCaramel
500 gCarrot Cake
225 gChả giò (nems vietnamiens au porc et à la crevette)
45 gCharlotte aux pommes
120 gCheese cake aux fruits rouges
125 gCheesecake basque
350 gChocolat chaud
10 gChocolat chaud épais à l'espagnole
20 gCitronnade maison
100 gClafoutis aux cerises
120 gConfit d'oignon
20 gCoq au vin
5 gCotignac d'Orléans
800 gCrème anglaise
100 gCrème brûlée à la vanille
90 gCrème catalane
150 gCrème dessert au chocolat sans lactose
50 gCrème pâtissière
100 gCrêpes de mamie
150 gCrêpes Thai au lait de coco
10 gCroquants aux amandes
200 gCurry Vert au poulet
20 gDan dan mian (nouilles dan dan au porc et au sésame)
8 gDanquites (boulettes guyanaises au lait de coco)
120 gDelizia al limone (dômes au citron de la côte amalfitaine)
200 gDiamants à la vanille
90 gEmpanadas de viande
10 gFar breton aux pruneaux
150 gFiadone
120 gFinanciers
180 gFiri firi (beignets tahitiens au coco)
120 gFlan aux œufs à l'ancienne
200 gFlorentins
80 gFocaccia genovese (focaccia génoise à l'huile d'olive)
8 gFondant au chocolat
100 gFondant aux 2 chocolats
150 gFraisier
250 gGalette des rois
125 gGâteau au chocolat à la courgette
120 gGâteau au citron
200 gGâteau au yaourt
200 gGâteau au yaourt au citron, romarin et thym
200 gGâteau aux pépites de chocolat
150 gGâteau aux pommes
130 gGâteau basque
200 gGâteau breton
200 gGâteau de riz caramel
100 gGâteau de Savoie
180 gGâteau marbré
90 gGâteau nantais
150 gGaufres de Bruxelles
10 gGaufres de Liège
50 gGaufres fourrées à la vergeoise
30 gGénoise
175 gGigantes plaki (haricots blancs au four à la grecque)
5 gGinger ale maison au ginger bug
150 gGraffe napoletane (beignets de Carnaval à la pomme de terre)
180 gGuimauve au citron
500 gHorchata de arroz (boisson mexicaine au riz et à la cannelle)
100 gÎle flottante
60 gIrish Coffee
10 gJohnny cakes des Îles du Nord
20 gKai pat med mamuang (poulet sauté aux noix de cajou)
5 gKhao pad kai - Riz sauté thaï au poulet
5 gKhao pad kaprao - Riz sauté au basilic thaï et poulet
5 gKhao pad sapparod - Riz sauté à l'ananas et aux crevettes
5 gKombucha fraise-basilic (deuxième fermentation)
15 gKombucha gingembre-citron (deuxième fermentation)
20 gKombucha nature (thé noir fermenté)
160 gKouglof
80 gKouign bigouden
200 gKung phat pong karee (crevettes sautées à la poudre de curry)
5 gLaab kai (salade de poulet haché aux herbes et au riz grillé)
3 gLassi à la mangue
30 gLemon curd
125 gLimonade à la lavande
130 gMadeleines de Commercy
130 gMaritozzi con la panna (brioches romaines fourrées à la crème fouettée)
80 gMeringue française
100 gMeringue italienne
125 gMkatra foutra (galettes mahoraises au lait de coco)
60 gMojito
10 gMoo satae (brochettes de porc au lait de coco, sauce cacahuète)
30 gMostaccioli napoletani (biscuits napolitains de Noël au cacao et au chocolat)
250 gMuffins aux pépites de chocolat
120 gNaan au fromage
5 gNavarin d'agneau printanier
10 gNavettes de Marseille
100 gNuoc-cham
30 gŒufs en meurette
5 gOld fashioned
8 gOpéra
225 gPain perdu
60 gPalets bretons
130 gPalmiers feuilletés
100 gPancakes
50 gPanna cotta (crème cuite à la vanille)
70 gPanna cotta aux blancs d'œufs
90 gParis-Brest
130 gParrozzo (dôme abruzzais aux amandes et au chocolat)
180 gPastiera napoletana (tarte napolitaine au blé, à la ricotta et à la fleur d'oranger)
400 gPastis gascon
150 gPat kra phao (porc haché sauté au basilic sacré)
5 gPat preaw waan (sauté aigre-doux au poulet et à l'ananas)
5 gPâte à choux
5 gPâte à Pizza
5 gPâte sablée
125 gPhad thai (nouilles de riz sautées au poulet et aux cacahuètes)
5 gPhat see ew (nouilles larges sautées à la sauce soja)
5 gPiadina salsiccia e cipolla (piadina à la saucisse italienne et aux oignons fondus)
5 gPide turque à la feta
20 gPiperade basque
5 gPithiviers
125 gPoires tapées
100 gPopia tod (nems thaïs au poulet et aux vermicelles)
45 gPoulet à la moutarde et champignons
10 gQuatre-quarts breton
200 gRiz au lait
200 gRocher coco
200 gRococò (biscuits napolitains aux amandes et aux agrumes confits)
400 gSablés de Sablé
120 gSarde in saor (sardines marinées à l'aigre-doux)
10 gSatay ayam (brochettes de poulet mariné, sauce cacahuète et acar de concombre)
40 gSauce champignon, tomates séchées
10 gSauce mala (huile pimentée au poivre de Sichuan)
6 gScones
90 gSfogliatella frolla (sfogliatella napolitaine en pâte sablée)
230 gSfogliatella riccia (feuilleté napolitain en coquille à la ricotta et à la semoule)
150 gShortbread écossais
75 gSirop à baba au rhum
500 gSorbet coco antillais
60 gSoupe carottes et lentilles
10 gSoupe de tomates rôties au basilic
5 gStrudel di mele (strudel aux pommes du Trentin)
100 gStruffoli (petites boules de pâte frites au miel, à la napolitaine)
30 gTamago sando
5 gTarte au maroilles
10 gTarte au sucre du Nord
30 gTarte aux bleuets de l'archipel
120 gTarte aux mirabelles
60 gTarte aux pommes à la normande
80 gTarte tatin
100 gTeurgoule normande
150 gThé glacé pêche-basilic
50 gThịt kho (porc au caramel vietnamien et oeufs durs)
120 gThod man pla (galettes de poisson frites à la thaïe)
5 gTielle sétoise
5 gTigelle (crescentine modenesi au saindoux)
5 gTiramisu
100 gTiramisu au citron
130 gTom kha gai (soupe de poulet au lait de coco et au galanga)
5 gTom yum kung (soupe de crevettes acidulée et pimentée)
5 gTomates cerises caramélisées et graines de sésame
100 gTorta caprese (gâteau au chocolat et aux amandes, sans farine)
200 gTourment d'amour (tartelette guadeloupéenne à la confiture de coco)
200 gTub tim krawp (châtaignes d'eau rubis au lait de coco)
60 gTuiles aux amandes
100 gVerrines abricot-pêche au romarin et crumble noisette
90 gVin chaud
250 gYam woon sen (salade de vermicelles de soja à la thaïe)
5 gYibin ran mian (nouilles sèches de Yibin au ya cai)
6 gZabaione (sabayon au marsala)
160 gZuppa inglese (dessert émilien à la crème et à l'alkermes)
20 gSon histoire
La canne à sucre est domestiquée en Nouvelle Guinée, puis diffusée vers l'Inde, où l'on apprend vers le Ve siècle à cristalliser son jus : le mot sucre vient du sanskrit sharkara, qui désigne le grain. L'expansion arabe apporte la canne et son irrigation en Méditerranée, et les croisés ramènent en Europe un produit de pharmacie, vendu chez l'apothicaire et compté à l'once.
La suite est l'un des chapitres les plus sombres de l'histoire alimentaire. La demande européenne fait naître la plantation, aux Canaries d'abord, puis massivement aux Antilles et au Brésil, et le sucre devient le moteur économique de la traite atlantique : le travail forcé de millions de personnes déportées a servi principalement à produire cette denrée. Le sucre passe en trois siècles du statut d'épice de luxe à celui de calorie de masse.
Le blocus continental pousse ensuite la France à chercher une source locale : Benjamin Delessert industrialise en 1812 l'extraction du sucre de betterave, dont le principe avait été établi par le chimiste Marggraf au siècle précédent. C'est l'origine de la filière betteravière européenne, et la raison pour laquelle le sucre français n'est presque jamais de canne. Le XXe siècle achève la banalisation, jusqu'au retournement actuel des recommandations nutritionnelles.
Le détail qu’on ignore
Le sucre a servi de sculpture avant de servir de dessert. Dans l'Europe des XVe et XVIe siècles, les banquets princiers exhibaient des « triomphes de table », des pièces montées en pâte de sucre représentant des châteaux, des animaux ou des scènes mythologiques, parfois grandeur nature. Elles n'étaient pas destinées à être mangées mais à afficher une richesse : à cette époque, le sucre coûtait plus cher au poids que beaucoup d'épices, et le gaspiller ostensiblement était le message.
Source : Sidney Mintz, Sweetness and Power ; Alan Davidson, The Oxford Companion to Food
Pour aller plus loin
La science derrière
Les cuisines
Sources : Sidney Mintz, Sweetness and Power ; Harold McGee, On Food and Cooking, chapitre sur les sucres ; Anses, table Ciqual.